Le dépistage systématique du mélanome a-t-il des effets pervers ?

Sam Schuster, dermatologiste anglais de grand renom, tente d’élucider le paradoxe auquel nous faisons face en matière de mélanome à savoir que le nombre de diagnostics de mélanomes de faible épaisseur augmente régulièrement depuis plusieurs années alors que la mortalité liée à cette tumeur reste stable. Ce qui laisse à penser que le dépistage concerne, aussi, des lésions qui n’ont pas réellement de risque évolutif.

L’explication, déjà souvent mise en avant, est la suivante : un certain nombre de diagnostics de mélanome serait posé par excès sur des lésions qui sont en fait probablement des lésions bénignes mais dont le caractère atypique conduit l’histopathologiste à conclure à la malignité en vertu du maintenant célèbre « principe de précaution ». Sam Schuster estime que le dépistage, qui tend à se généraliser en matière de mélanome, majore encore ce phénomène. En effet, si on considère que pour 100 lésions enlevées il existe environ 10 % de diagnostics par excès et 10 % de diagnostics par défaut, seuls les 10 diagnostics par excès seront pris en compte et viendront grossir de façon artificielle la fréquence réelle des mélanomes. Toute augmentation du nombre de lésions enlevées viendra encore accroitre ce chiffre erroné.

Dr Patrice Plantin

Référence
Schuster S : Malignant melanoma: how error amplification by screening creates spurious disease. Br J Dermatol 2009; 161: 977-9

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