Le désendettement de la sécurité sociale repoussé de 2024… à 2033

Paris, le mercredi 20 mai 2020 - La perspective d’un renflouement du « trou de la Sécu » était déjà lointaine. Elle s’éloigne désormais encore plus. Selon le quotidien Les Echos, le désendettement de la sécurité sociale, initialement prévu pour 2024 pourrait être repoussé jusqu’à 2033 en raison de la crise sanitaire du Covid-19. Le gouvernement envisagerait notamment d’ajouter plus de 130 milliards de dette au passif de l’institution.

Une crise sur le long terme

En effet, la crise risque d’affecter les comptes de la Sécurité sociale sur le très long terme. Toujours selon Les Echos, un projet de loi prévoyant une « défaillance massive de dette sociale » va être adressé prochainement aux partenaires sociaux.

Le gouvernement entend notamment transférer le passif de l’ACOSS, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES). Cette dette comprend les 31 milliards accumulés à la fin de l’année 2019, la reprise de la dette de l’hôpital (décidée en novembre dernier) ainsi que les prévisions pour les années à venir.

Un déficit record à venir

Dès la fin mars, l’exécutif avait évoqué la possibilité d’opérer un transfert de dette compte tenu de la dérive des comptes sociaux. Cette dérive provient de deux facteurs, tout d’abord l’augmentation des dépenses hospitalières et de celles liées aux arrêts de travail, et l’écroulement des recettes en raison du report de cotisation et de la baisse générale d’activité.

Gérald Darmanin, ministre des comptes publics, évoquait pour l’année 2020 un déficit de plus de 41 milliards d’euros.

Et « en même temps » : l’accélération de la création de la branche dépendance

Si le gouvernement perçoit les conséquences de la crise sur le terrain du financement, celui-ci entend dans le même temps accélérer la création de la branche dépendance de la Sécurité Sociale (il est vrai que l’exécutif n’a pu que constater l’ampleur des besoins pour la future prise en charge des personnes âgées).

Selon « Les Echos » le projet de loi qui sera présenté au parlement prévoit qu’une fraction de 0,15 point de la contribution sociale généralisée (CSG) pourra être réaffectée « au financement de dépenses nouvelles » en faveur des personnes en « perte d’autonomie ». Le total représenterait une somme de plus de 2,3 milliards d’euros consacrés à ce « risque », à partir de 2024.

CH

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Vos réactions (1)

  • On peut financer plus facilement

    Le 22 mai 2020

    Le groupe d'économistes Terra Nova, un ancien Directeur National de la Caisse Maladie, Martin Hirsch et Didier Tabuteau,l'Intersyndicale de la Caisse Maladie d'Alsace Moselle (jamais dans le rouge),etc..proposent depuis des années d'autoriser à la Secu l'entrée sur le marché de l'Assurance Complémentaire. La différence énorme entre ses frais de gestion (3.5% ) et ceux des complémentaires (16% des cotisations), permettra , à tarif égal(donc sans faire payer plus) de dégager de quoi raccourcir très sensiblement le nombre d'années de vie de la CRDS supplémentaires du projet du Gouvernement. Il suffit d'étendre la CMU, sur cotisation, à tous ceux qui dépassent actuellement les plafonds.

    Maignan (Pharmacien, Diplomé en Gestion)

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