Le laropiprant pour accéder au potentiel thérapeutique de la niacine

De nombreux essais ont montré les bénéfices du traitement par la niacine dans la prise en charge de la dyslipidémie, particulièrement en association avec une statine, pour diminuer le risque cardiovasculaire résiduel observé même chez les patients ayant atteint le taux recommandé de LDL cholestérol. Son action à large spectre avec augmentation du taux de HDL cholestérol et diminution des taux de LDL cholestérol, de triglycérides et de lipoprotéine(a) en fait un traitement potentiellement intéressant. Mais les flushes provoqués par la niacine contrarient l’observance des patients. La diminution des flushes observée lors de la prise d’une association de laropiprant et de niacine à libération prolongée offre une nouvelle perspective d’efficacité thérapeutique.

Le schéma posologique débute par une prise quotidienne le soir de 1 g de niacine à libération prolongée + 20 mg de laropiprant pendant 4 semaines, puis passe à la dose quotidienne optimale de 2 g  (+ 40 mg de laropiprant). L’efficacité et la tolérance de cette association ont été évaluées au cours d’essais cliniques contrôlés. Le laropiprant n’exerce pas d’action sur les lipides et n’interfère pas avec les effets de la niacine sur les lipides. Dans les essais de phase III,  le Tredaptive à la dose de 2 g de niacine/40 mg de laropiprant, associé ou non à une statine, a entraîné une diminution significative moyenne du LDL cholestérol de 18,4 % et des triglycérides de 25,3 %, ainsi qu’une augmentation moyenne du HDL cholestérol de 20 %. Il était habituellement bien toléré avec un profil d’effets secondaires semblable à celui des autres formes de niacine à libération prolongée, à l’exception notable des flushes, moins fréquents.

Dans une étude comparative de la fréquence hebdomadaire des flushes modérés à intenses, les patients sous association niacine-laropiprant présentaient des flushes moins fréquemment que les patients sous niacine à libération prolongée seule, dès la phase initiale de prescription. Après un rebond de fréquence dû au passage à la posologie optimale d’entretien (moins important toutefois que celui sous niacine seule), le nombre hebdomadaire de flushes des patients traités par Tredaptive diminuait pour se rapprocher de celui des sujets sous placebo, contrairement à celui des patients sous niacine seule qui demeurait inchangé.
Un autre effet secondaire commun aux différentes formes d’acide nicotinique était une augmentation de la glycémie à jeun, mais la valeur médiane de cette augmentation était de 0,04 g/l et n’implique qu’un ajustement du traitement antidiabétique chez les patients concernés.

Une vaste étude clinique en cours incluant 20 000 patients à très haut risque cardiovasculaire (HPS2-THRIVE) compare l’adjonction d’une association niacine-laropiprant contre placebo à un traitement initial par la simvastatine (avec ou sans ézétimibe), pour évaluer l’effet bénéfique d’une nouvelle utilisation de la niacine.

Dr Odile Biechler

Référence
Kastelein JJP : Laropiprant : unlocking the therapeutic potential of Niacine. European Society of Cardiology (ESC) Congress (Munich) : 30 août-3 septembre 2008.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article