Le laropiprant réduit significativement la fréquence des flushes sous niacine

La niacine (acide nicotinique) est un hypolipémiant déjà ancien dont l’effet outre une baisse modéré du LDL-C est caractérisé par une élévation significative du HDL-C et une diminution importante des triglycérides. Malgré cette action très favorable sur la triade lipidique (LDL-C et triglycérides élevés, HDL-C bas), la niacine est aujourd’hui peu utilisé en prévention cardiovasculaire en raison d’une tolérance médiocre liée à des flushes fréquents. Ces bouffées vasomotrices gênantes sont médiées par la prostaglandine D2 (PGD2). Pour réduire la fréquence de cet effet secondaire et permettre aux patients de pouvoir bénéficier ainsi des avantages de l’acide nicotinique, un antagoniste sélectif des récepteurs D2 de type (DP1) de la PGD2, le laropiprant, a été mis au point.

La vérification de l’efficacité du laropriprant dans la prévention des flushes dus à la niacine, a été l’objet d’un essai randomisé contrôlé, mené en double aveugle, en Chine, en Corée et à Singapour par D Kush coll..  332 patients dyslipidémiques ont été randomisés (dans un rapport 2 :2 : 1) entre une association niacine (1g)-laropiprant (20 mg) dans un même comprimé à libération prolongée, de la niacine à libération prolongée seule (1 g) et un placebo. 

Après une semaine sans traitement, les flushes, ont été rapportés quotidiennement durant une semaine sur un agenda électronique.  Leur intensité a été classée en quatre catégories selon le Global Flushing Severity Score (GFFS) qui est une échelle de 1 à 10 (absents ou légers [0 à 3], modérés [4 à 6], sévères [7 à 9], extrêmes [10]).

Moins de bouffées vasomotrices lorsque le laropiprant est combiné à la niacine

Globalement, les patients du groupe niacine-laropiprant ont présenté significativement moins de flushes côtés de 4 à 10 (24 %) que ceux du groupe niacine seule (50 %) (p<0,001). Il est à noter de façon anecdotique que 12 % des sujets du groupe placebo ont souffert de flush d’intensité modérée ! 

Dans le détail des flushes classés « sévères » ou « extrêmes » (7 à 10 selon le score GFSS) ne sont survenus que dans 10 % des cas sous l’association niacine-laropiprant contre 24 % sous niacine seule (et 0 % sous placebo).

De plus, ce qui est important en terme d’observance, la proportion de patients ayant interrompu le traitement en raison de flushes était elle aussi significativement plus faible dans le groupe niacine-laropiprant que dans le groupe niacine seule (0,8 % versus 3,7 % ; p < 0,001).

En dehors de la fréquence et de la sévérité des flushes, la tolérance et la sécurité d’emploi de l’association niacine-laropiprant sont apparues semblable à celle de la niacine seule.

Grâce à sa tolérance améliorée, l’association niacine-laropiprant pourrait devenir une nouvelle arme thérapeutique qui sera particulièrement utile pour diminuer le risque cardiovasculaire résiduel important des sujets sous statines.

Dr Julie Perrot

Références
Kush D et coll. Laropiprant reduces niacin-induced flushing at initiation of therapy in Asian patients with dylipidemia. European Society of Cardiology (ESC) Congress (Munich) : 30 août-3 septembre 2008.
Eur Heart J 2008 ; 29 Abstract Suppl, 403.

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