Le marathon, pas si mauvais pour les genoux !

La course sur longue distance est devenue mondialement populaire, avec plus de 30 millions de personnes qui courent des marathons chaque année. S’il est indéniable que la pratique sportive est bénéfique pour un grand nombre de fonctions, la course à pied exerce un stress répétitif sur les membres inférieurs, et ce d’autant plus qu’elle est pratiquée à l’excès.  Mais les preuves manquent pour déclarer que la course longue distance, souvent sur des surfaces dures comme les routes, altère les structures internes du genou. Cependant, une grande partie des participants étant des coureurs débutants d’âge moyen, les effets néfastes potentiels de ce type de course pourraient déboucher sur des problèmes de santé majeurs. C’est pourquoi les auteurs d’un article dans le BMJ Open Sport & Exercise Medicine ont tenté de déterminer l'effet d’un marathon sur les genoux en effectuant des examens IRM 3T haute résolution de ces articulations, avant et après la course.

Quatre-vingt-deux adultes en bonne santé participant à leur premier marathon ont donc été inclus dans l’étude comprenant une IRM 3T (Tesla) des 2 genoux, 6 mois avant et 15 jours après le marathon. Soixante et onze ont terminé le programme d'entraînement standardisé de 4 mois et le marathon, et 11 ont abandonné pendant l'entraînement et n'ont pas couru le marathon. L’analyse a été réalisée par 2 radiologues qui ont évalué les structures internes du genou à l'aide de systèmes de notation validés ; un questionnaire sur les blessures a été rempli par les participants à chaque visite.

Aggravation pour certaines anomalies, amélioration pour d’autres

A l’analyse des résultats, l'IRM de pré-entraînement montre des altérations, sans symptômes, sur plusieurs structures du genou chez la majorité des 82 volontaires d'âge moyen. Cependant, après le marathon, l'IRM montre une réduction du score radiologique des lésions articulaires telles que l’œdème de la moelle osseuse sous-chondrale dans les condyles du tibia (p = 0,011) et du fémur (p = 0,082). Mais il a également été constaté une augmentation des scores radiologiques des lésions pour les structures suivantes : cartilage de la rotule latérale (p = 0,0005) ; tendon semi-membraneux (p = 0,016) ; bande iliotibiale (p <0,0001) et bourse prépatellaire (p = 0,016).

Ainsi, à la suite de l'entraînement et de la course à pied d'un marathon, l’examen en IRM 3T révèle des dommages dans certaines structures du genou (cartilage et os de la rotule latérale, bande iliotibiale) et une amélioration pour d'autres structures. Cette étude de cohorte prospective montre en effet une aggravation des anomalies au niveau du cartilage de la rotule (bien qu'asymptomatique) après la course, mais par ailleurs une amélioration de l'os sous-chondral initialement endommagé des condyles tibiaux et fémoraux. Comment l’expliquer ? Une course régulière pourrait peut-être empêcher une surcharge du compartiment médian due aux muscles. Concernant les ménisques, la course n'a pas entraîné de progression des déchirures méniscales et leur présence n'a pas affecté les performances. En somme, lors de la préparation pour un marathon, une prévention qui ciblerait les zones du genou les plus susceptibles d'être endommagées, en particulier l'articulation fémoro-patellaire, semblerait pertinente.

Anne-Céline Rigaud

Référence
Horga LM, Henckel J, Fotiadou A, et coll. : Can marathon running improve knee damage of middle-aged adults? A prospective cohort study. BMJ Open Sport & Exercise Medicine 2019; 5:e000586. doi: 10.1136/bmjsem-2019-000586

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