Le mauvais pronostic des « troubles externalisés du comportement » à l’adolescence

Des données issues d’essais cliniques et de groupes de patients suggèrent que les adolescents souffrant de troubles externalisés du comportement (TEC) sont plus à risque que les autres de dépression, d’anxiété, d’abus d’alcool, d’échec scolaire, de difficultés professionnelles, de divorce et de séparation lorsqu’ils atteignent l’âge adulte.

Afin d’explorer l’évolution à long terme des TEC (définis comme les troubles du comportement rapportés par les enseignants) constatés dans l’adolescence, I Colman et coll. ont réalisé une étude longitudinale sur la population de la « British 1946 birth cohort ». Les signes de TEC avaient été évalués par les professeurs pour 3 652 membres de cette cohorte lorsqu’ils étaient âgés de 13 à 15 ans. Au total, 348 adolescents avaient été identifiés comme présentant un TEC sévère, 1 051 un TEC léger et 2 253 aucun TEC.

L’ensemble de ces 3 652 participants a été évaluée à l’âge adulte, (36 à 53 ans)  à la recherche de troubles mentaux, d’abus d’alcool, de difficultés relationnelles, de chômage et de difficultés financières et pour préciser le niveau d’études atteint et la classe sociale. Tous les critères « négatifs » étaient plus fréquemment retrouvés chez les adultes qui avaient présenté à l’adolescence des TEC légers à sévères selon leurs professeurs, comparativement à ceux qui n’avaient pas eu de TEC. Les adolescents avec TEC sévère avaient plus souvent quitté l’école sans aucune qualification (65,2 % ; OR ajusté = 4,0 ; IC 95 % : 2,9 à 5,5), ainsi que ceux avec TEC léger (52,2 % ; OR ajusté = 2,3 ; IC 95 % : 1,9 à 2,8), par rapport à ceux sans TEC (30,8 %). L’évaluation à l’aide d’un score composite établi sur la santé mentale, la vie familiale et sociale et les problèmes économiques a confirmé que les adultes avec antécédents de TEC à l’adolescence avaient des scores significativement plus élevés que ceux n’ayant pas eu de TEC.

Cette étude confirme donc d’autres données à ce sujet, à savoir que l’existence de troubles externalisés du comportement dans l’adolescence expose à des difficultés d’ordre psychologique et social ultérieures.

Dr Georges Dubois

Référence
Colman I. et al. "Outcomes of conduct problems in adolescence: 40 year follow-up of national cohort." BMJ 2009;338:a2981, doi: 10.1136/bmj.a2981 (publié le 8 janvier 2009).

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