Le ministre de la Santé annonce le lancement d’une "journée de l’innovation en santé"

Paris, le mercredi 1er juillet 2015 – La France dispose de nombreux atouts dans le domaine des biotechnologies médicales, grâce notamment à une étroite collaboration entre la recherche et le monde hospitalier et sous l’impulsion de nombreuses entreprises dynamiques. Notre pays présente cependant également de nombreux freins. Si des financements existent, leur accès est souvent complexe et ils restent méconnus, tandis que d’une manière générale la lourdeur administrative peut contribuer à affaiblir quelque peu les plus grands enthousiasmes. Pour permettre de faire fructifier nos atouts tout en amoindrissant l’ampleur des obstacles existants, le programme "Nouvelle France industrielle" a été lancé, qui compte trente-quatre plans, dont trois concernent la santé. Dans le cadre de cette orientation générale, vient d’être inauguré « le programme médecine du futur » a rappelé hier le ministre de la Santé Marisol Touraine à l’occasion des rencontres internationales de recherche (RIR) consacrées cette année aux maladies rares et à la médecine personnalisée. Ce dispositif  « est structuré autour de la médecine personnalisée et mise sur le développement des biothérapies, des thérapies ciblées et des objets connectés » a précisé Marisol Touraine qui a indiqué qu’elle avait choisi deux animateurs pour coordonner le programme : le professeur André Syrota et l’industriel Olivier Charmeil. Parallèlement, une journée nationale de l’innovation en santé, destinée à « être un repère annuel pour marquer le progrès médical » devrait être lancée, a encore indiqué le ministre.  « Cette journée sera l’occasion pour nos concitoyens de découvrir les nouvelles inventions en faveur de la prévention et du traitement des maladies » a signalé Marisol Touraine. Reste à savoir si l’ensemble de ces dispositifs (qui s’ajoutent à des mesures de simplification diverses) suffiront pour effectivement renforcer l’attractivité de notre pays (dont nous évoquions les limites ici même hier).

Maladies rares : un sujet peu familier pour les Français

Au-delà de ces annonces, le ministre de la Santé n’a pas manqué de rappeler l’engagement de la France (et sans surprise son caractère de "leader" !) en ce qui concerne la lutte contre les maladies rares. Elle a ainsi rappelé la structuration des filières dédiées aux maladies rares, qui s’illustre par la présence de 131 centres de références et de 501 centres de compétences. Outre cette organisation « un atout reconnu de la France » a salué le ministre de la Santé, les plans maladies rares, en dépit de certaines imperfections, ont également contribué à offrir une meilleure visibilité à ces pathologies. Cependant, des efforts restent encore à réaliser comme l’ont mis en évidence les résultats d’un sondage réalisé pour l’Alliance pour la recherche et l’innovation des industries de santé (ARIIS) et l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN) à l’occasion des rencontres internationales de recherche. Il apparaît en effet que seuls 12 % des Français sont capables de définir une maladie rare (en soulignant qu’une maladie rare affecte moins d’une personne sur 2 000). De même, 60 % des Français continuent à sous estimer le nombre de personnes atteintes. Une méconnaissance qui s’étend jusqu’aux traitements : 48 % pensent que l’on compte moins de 250 médicaments pour traiter des pathologies rares en France. Forts de ce constat, 85 % des Français jugent que les efforts de notre pays en matière de recherche sur les maladies rares restent insuffisants. La journée de l’innovation en santé  promise par Marisol Touraine suffira-t-elle à faire changer les perceptions ? A voir.

Léa Crébat

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