Le niveau d’éducation maternelle influe sur la mortalité périnatale

Dans la majorité des cas, la mortalité périnatale est la conséquence d’un accouchement prématuré ou d’un retard de croissance, d’une infection ou encore de malformations congénitales. Dans les pays développés, l’impact des facteurs socio-économiques a également été bien mis en évidence. Par ailleurs, différentes études font apparaître le rôle important du niveau d’instruction de la mère, mais leurs résultats sont controversés.

Afin d’évaluer le lien entre la mortalité périnatale et le niveau d’éducation des mères, une étude a été conduite dans le Nord de Belgique, sur une population homogène de 170 948 femmes primipares ayant accouché entre 1999 et 2006 et leurs 174 495 bébés. La répartition des mères en fonction du niveau d’éducation était la suivante : haut niveau, 49,3 %, niveau moyen, 42,8 % et bas niveau 7,9 %.

L’âge moyen à l’accouchement, le recours aux techniques d’AMP et les grossesses gémellaires étaient associés à un niveau d’éducation plus élevé. Par contre, les taux de césarienne et d’induction d’accouchement étaient plus élevés parmi les femmes présentant un bas niveau d’éducation. L’incidence de l’accouchement prématuré (7,7 % en cas de haut niveau d’éducation ; 8,9 % dans le groupe niveau moyen et 10 % avec le niveau bas), celle du faible poids à la naissance (7,2 % ; 9,5 % ; 11,8 %, respectivement), de la morbidité néonatale, de la mortalité fœtale (0,21 % ; 0,35 % ; 0,84 % respectivement) et de la mortalité infantile (0,32 % ; 0,41 % ; 0,70 %, respectivement) étaient plus faibles chez les femmes ayant un haut niveau d’éducation. Cependant, seule les mortalités fœtale et post-néonatale (28 j à 12 mois) paraissaient influencées par le niveau d’éducation des mères, ce qui n’était pas le cas de la mortalité néonatale (0 à 27 j). Cette exception pourrait être due à une amélioration considérable des soins intensifs néonatals qui atténuerait le rôle de l’éducation des mères.

Une légère amélioration de la mortalité périnatale a été observée entre 1999 (0,70 %) et 2006 (0,63 %). Cette amélioration n’était significative que chez les femmes de haut niveau d’éducation (0,53 % en 1999 et 0,37 % en 2006). Par contre aucune amélioration n’a été observée dans le groupe de femmes présentant un faible niveau d’instruction (1,36 % en 1999 et 1,44 % en 2006).

Les résultats de cette étude montrent une association entre le niveau d’éducation des mères et la mortalité fœtale et post-néonatale. Ces disparités existent malgré une couverture universelle de santé et une égalité d’accès aux soins obstétricaux et périnatals dans cette région. Mais il paraît utile d’adapter la prise en charge pour les femmes à bas niveau socio-économique et faible niveau d’instruction.

Dr Viola Polena

Référence
Cammu H et coll. : The higher the educational level of the first-time mother, the lower the fetal and post-neonatal but not the neonatal mortality in Belgium (Flanders). Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2010 ; 148 : 13-6.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Réagir à cet article

Les réactions sont réservées aux professionnels de santé inscrits et identifiés sur le site.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.