Le plus petit pacemaker du monde prend de plus en plus de place !

Paris, le samedi 20 février 2016 – La miniaturisation des pacemakers avance à pas de géants. Les appareils "sans sondes" aujourd’hui disponibles sur le marché n’ont rien de commun avec les dispositifs implantés il y a 50 ans, ils sont en effet à peine plus volumineux qu’une gélule. Cette petitesse s’explique par l’intégration de la batterie et la disparition de sondes. Cette absence de sondes permet une simplification de la pose. Une approche mini-invasive est en effet possible : le pacemaker est implanté à l’aide d’un cathéter orientable via la veine fémorale. «  En cas de positionnement non satisfaisant il est possible de recapturer la capsule et de choisir un nouveau site d’implantation » explique par ailleurs le site Réseau CHU. Le temps d’intervention est considérablement réduit (inférieur à trois quart d’heure) et les complications opératoires sont également restreintes. A ces avantages, s’ajoute pour le patient la disparition de la sensation de masse dans le thorax, l'absence de cicatrice et, en théorie,  une diminution des risques infectieux et hémorragiques. 

Equipes pionnières

Les équipes cardiologiques françaises sont de plus en plus nombreuses à s’intéresser à ces dispositifs miniaturisés. En décembre 2014, le CHU de Grenoble avait été le premier à implanter le défibrillateur implantable Nanostim mis au point par une start up américaine (rachetée par Saint Jude Medical). Aujourd’hui, les CHU de Lille, Tours et Toulouse ont lancé des programmes reposant sur l’utilisation du pacemaker Micra TPS de Medtronic, encore plus fin que le précédent.  Il mesure 26 mm de longueur, 6,7 mm de largeur (volume de 0,8cm3) et son poids ne dépasse pas deux grammes ! « Depuis juin 2015, nous avons déjà réalisé quatre interventions » indique le professeur Klug, du CHRU de Lille. Parmi les quatre premiers patients, une jeune femme de 34 ans a été particulièrement satisfaite de pouvoir bénéficier d’une intervention minimisant autant les cicatrices, comme l’explique la Voix du Nord. A Tours, ce sont 15 patients qui ont reçu le pacemaker Micra. Les spécialistes sont très enthousiastes, notamment en raison de la disparition des sondes, dont la fragilité est souvent source d’infection ou de déplacement. Ainsi, les cardiologues de Toulouse n’hésitent pas à parler de « rupture technologique ». Néanmoins, ils rappellent que des évaluations sont encore nécessaires, notamment pour préciser la durée de vie du système et confirmer la réduction des complications. Aujourd’hui, bien plus que les réticences médicales, le premier frein à l’utilisation de ce type de pacemaker est financier. Ces dispositifs de nouvelle génération ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale et les CHRU utilisent leurs fonds propres pour financer des programmes nécessairement limités à quelques patients.
Un éditorial très récent du New England Journal of Medicine fait le point sur les avantages et les inconvénients potentiels de ces stimulateurs sans fil: http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMe1513625

Léa Crébat

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