Le point sur 6 ans de biothérapie dans le psoriasis

Le psoriasis affecte entre 1 et 3 % de la population mondiale. Les avancées thérapeutiques ont été considérables au cours de ces dernières années et le traitement peut désormais prétendre à l’objectif d’un PASI 100. Les patients dont le psoriasis résiste aux traitements locaux et aux traitements systémiques « conventionnels » peuvent bénéficier des biothérapies. Les anticorps monoclonaux ciblent les cytokines pro-inflammatoires, interleukine-17 (IL-17), IL-23 ou TNF-α, produits par les kératinocytes. Leur efficacité et leur bonne tolérance en font des traitements de choix pour les formes de psoriasis résistantes, modérées à sévères.

Cette étude menée à l’hôpital universitaire de Vilnius a permis d’analyser rétrospectivement le suivi de 79 patients (59 hommes, 20 femmes) atteints de psoriasis sévère et traités par biothérapie entre 2012 et 2018. L’infliximab (anti-TNF-α) était la biothérapie la plus prescrite (39,2 %), suivi par l’etanercept (anti- TNF-α ; 36,7 %) et enfin l’ustekinumab (anti-IL-12, anti IL-23 ; 24,1 %).

Pendant la biothérapie, la presque totalité des patients poursuivaient les applications locales d’émollients, 8 sur 10 appliquaient des dermocorticoïdes, 5 sur 10 des topiques kératolytiques, 3 sur 10 une association de glucocorticoïdes et d’analogue de la vitamine D, et 1 sur 10 un analogue de la vitamine D. La moitié des patients environ bénéficiait aussi de photothérapie, majoritairement du corps entier. Des co-morbidités non dermatologiques étaient fréquemment associées, le plus souvent une hypertension artérielle (40,5 %), suivie par les dyslipidémies (13,9 %), l’obésité (12,7 %), une cardiomyopathie hypertensive (10 %) ou une tuberculose latente (9 %).
 
La biothérapie a permis à la majorité des patients d’atteindre un PASI 50 ou un PASI 75. La moitié ont atteint le PASI 90 et 13,9 % ont atteint l’objectif du PASI 100. L’incidence des effets indésirables était de 0,362 par patient-année. Les effets secondaires les plus fréquents étaient les infections respiratoires hautes, si l’on excepte une augmentation de l’indice de masse corporelle moyen tout au long du traitement.

Notons que sur les 59 patients traités par méthotrexate avant la biothérapie, 20 % l’ont arrêté (dont 1 sur 3 grâce à l’amélioration clinique), 46 % ont diminué la posologie et 14 % l’ont augmentée.
 

Dr Roseline Péluchon

Références
Rodaunis T et coll. : Biological therapy for severe psoriasis : a 6-year review. 28e congrès de l’European academy of dermatology and venereology/EADV (Madrid) : 9-13 octobre 2019.

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