Le propranolol est efficace même dans les formes très graves d’hémangiome infantile

Depuis la publication princeps par C Léauté-Labrèze dans le New England Journal of Medicine de deux observations de régression d’hémangiomes du nourrisson étendus sous propranolol, ce médicament est de plus en plus souvent proposé dans le traitement des hémangiomes infantiles menaçant le pronostic esthétique ou fonctionnel avec des résultats globalement satisfaisants.

Deux nouvelles communications signalent l’intérêt de cette approche dans deux formes sévères : l’hémangiomatose néonatale disséminée avec atteinte hépatique et l’hémangiome ulcéré. 

Dans le premier cas, il s’agissait de 4 filles et 4 garçons présentant 6 à plus de 20 lésions cutanées (quelques millimètres à 3 cm) et 4 à plus de 20 lésions hépatiques (0,8 à 7 cm). Trois enfants souffraient en outre d’une hypothyroïdie et d’une défaillance cardiaque. Ces 3 derniers ont été mis sous propranolol après échec de la corticothérapie générale, de la vincristine et d’embolisations, tandis que les 5 autres ont été traités d’emblée par le bêta bloquant. Dans tous les cas, l’évolution a été favorable avec notamment chez les 5 patients sans insuffisance cardiaque, une guérison totale (n=3) ou une diminution de moitié des lésions hépatiques à 1 mois et chez les malades avec insuffisance cardiaque, une normalisation hémodynamique rapide avec là aussi régression de l’atteinte hépatique. Les lésions cutanées se sont affaissées sans diminuer de taille ni disparaître totalement. 
L’efficacité du propranolol a donc été constante et plus marquée encore sur les lésions hépatiques. Elle paraît moindre cependant en cas de début tardif du traitement.

La seconde communication illustre l’intérêt du propranolol dans les hémangiomes avec ulcération, complication fréquente et de prise en charge difficile. Elle concerne 28 enfants (20 filles, huit garçons) présentant des hémangiomes ulcérés  de la face (13), des membres supérieurs (6), du tronc (7), des membres inférieurs (2), qui ont été traités par propranolol débuté à l’âge moyen de 5,3 mois (dans la plupart des cas après échec d’autres traitements [corticoïdes, laser à colorant pulsé]). Le délai moyen de cicatrisation complète a été de 5 semaines pour 23 enfants et l’effet antalgique a toujours été rapide (moyenne 13 jours). La cicatrisation n’a pas été obtenue à 3,5 mois dans un seul cas.

Au total, ces deux communications soulignent l’efficacité du propranolol dans des formes particulièrement graves et « difficiles » d’hémangiome infantile.

Dr Marie-Line Barbet

Références
J Mazereew-Hautier et coll. : Efficacité du propranolol dans l’hémangiomatose nénonatale disséminée avec atteinte hépatique. C41

Saint-Jean M et coll. : Hémangiomes infantiles ulcérés : intérêt du propranolol. C42
Journées dermatologiques de Paris 2009. 8-12 Décembre 2009.

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