Le prurit, symptôme très fréquent au cours du lupus érythémateux cutané

Le prurit est sans doute le symptôme subjectif le plus fréquent en dermatologie. Plus de la moitié des patients atteints de maladie de la peau se plaignent de prurit, mais il peut être aussi présent au cours des maladies de système, comme la sclérodermie et la dermatomysosite. Certains travaux ont étudié la prévalence des démangeaisons dans le lupus érythémateux cutané, mais avec des résultats parfois contradictoires.

D’où l’intérêt du travail de cette équipe internationale qui a présenté les résultats d’une étude observationnelle multicentrique portant sur 153 patients (115 femmes et 8 hommes) atteints de lupus cutané depuis une dizaine d’années. Trois de ces patients sur 4 ont présenté des démangeaisons à un moment ou à un autre de l’évolution de la maladie. Plus de la moitié des patients décrivent des démangeaisons quotidiennes (53 %), insomniantes pour une partie d’entre eux (14,4 %).
 
Le sous-type de lupus semble influencer la fréquence du prurit. Particulièrement fréquent au moment des épisodes aigus, signalé alors par 9 patients sur 10, il est ressenti par 8 personnes sur 10 au cours du lupus cutané chronique, par 7 sur 10 dans le lupus cutané subaigu et par 5 sur 10 au cours du lupus cutané intermittent. Les lésions du cuir chevelu, du visage, des bras et du nez sont les plus souvent décrites comme prurigineuses. Notons aussi que les patients atteints de lupus cutané subaigu rapportent, plus souvent que dans les autres sous-types, des démangeaisons en l’absence de lésions cutanées. Les zones prurigineuses sont alors situées particulièrement au niveau du cou, de la partie postérieure des épaules, de la région lombaire et des fesses et enfin des bras.

L’intensité moyenne du prurit est évaluée à 4,1 points sur une échelle de 1 à 10 et semble corrélée au score CLASI d’activité de la maladie, mais pas au score CLASI lié au séquelles. Notons toutefois que, dans la majorité des cas, le prurit est d’intensité faible à modérée.

L’analyse des données laisse penser que, s’il n’est pas recherché de manière systématique, le prurit, bien que très fréquent, est souvent sous-estimé par les soignants, voire parfois négligé.
 

Dr Roseline Péluchon

Références
Samotij D et coll. : Prevalence of pruritus in cutaneous lupus erythemateous : brief report of a multicenter, multinational corss-sectional study. 28e congrès de l’European academy of dermatology and venereology/EADV (Madrid) : 9-13 octobre 2019.

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