Le questionnaire de Berlin pour diagnostiquer le SAOS

Le gold standard dans le diagnostic positif du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est l’enregistrement polysomnographique (EPS) qui ne peut cependant être réalisé au moindre doute pour des raisons évidentes : nombre insuffisant de centres spécialisés et coût élevé notamment. De ce fait, il faut d’autres moyens diagnostiques et c’est là qu’interviennent les questionnaires de dépistage, tels celui de Berlin qui a été élaboré et utilisé dès 1996. Ce questionnaire qui prend en compte le ronflement, la somnolence et les facteurs de risque est le plus utilisé à l’échelon mondial, notamment dans les pays anglosaxons. Ses performances diagnostiques varient selon le contexte clinique, tout particulièrement en cas de troubles du sommeil sans rapport avec le SAOS, qui viennent interférer avec les critères d’évaluation.

Une étude transversale réalisée en Chine s’est penchée sur les performances diagnostiques du questionnaire de Berlin, évaluées par rapport à deux méthodes de « référence » : l’EPS et la polysomnographie ambulatoire réalisée au domicile grâce au dispositif portatif du nom d’Embletta. Au total, 316 patients chez lesquels un SAOS avait été récemment suspecté ont rempli le questionnaire de Berlin et le score ESS (Epworth Sleepiness Score) avant d’être affectés par tirage au sort, selon la méthode de référence, dans le groupe A (Embletta) (n = 157) ou B (EPS) (n = 159).La prévalence des formes modérées ou sévères du SAOS, définies par un index d’apnées et d’hypopnées (IAH≥ 15/h)a été estimée à 54 % au sein de la cohorte considérée dans sa totalité. Le questionnaire de Berlin a permis d’identifier 69,7 % des sujets (n = 99) à haut risque dans le groupe A et 77,5 % (n=100) dans le groupe B.

Un bon outil de dépistage

Pour ce qui est de la prédiction d’un IAH ≥ 15/h, la sensibilité, la spécificité, la valeur prédictive négative et la valeur prédictive positive ont été respectivement estimées à 78, 23, 67 et 35 %, comparativement à l’EPS en tant que méthode diagnostique de référence. Pa rapport au système Embletta, la spécificité et la valeur prédictive négative atteignent alors respectivement 48 % et 63 %. L’aire sous la courbe ROC (Receiver Operator Curve) a été estimée à 0,539 (intervalle de confiance à 95 % IC95, 0,417 à 0,661) en référence à l’EPS, et 0,712 (IC95 0,617 à 0,907) en référence à Embletta.

Que retenir de cette étude randomisée singulière ? Le questionnaire de Berlin constitue un bon outil de dépistage du SAOS, sans être pour autant parfait. Si on le confronte à l’EPS qui est le gold standard diagnostique actuel, les performances sont moins bonnes que si l’on prend pour référence un dispositif polysomnographique ambulatoire, ce qui n’est pas surprenant. Le principal intérêt de cette étude est le survol critique des moyens diagnostiques actuels, d’autant plus nécessaire que le SAOS non traité expose à une morbi-mortalité lourde notamment sur le plan cardiovasculaire.

Dr Philippe Tellier

Référence
Ng SS et coll. : Use of Berlin questionnaire in comparison to polysomnography and home sleep study in patients with obstructive sleep apnea. RespirRes. 2019 ;20 : 40.

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Vos réactions (1)

  • Diagnostic simple d'un SAS

    Le 15 mars 2019

    Il existe une méthode simple et presque gratuite. Elle consiste à enregistrer le patient pendant qu'il dort et à écouter l'enregistrement. On entend parfaitement les périodes d'apnées suivie par la période d'hyperpnée... de rattrapage.

    Autre méthode entièrement gratuite: découvert par l'époux ou l'épouse de périodes d'apnée suivie de la période d'hyperpnée. --->polysomno !

    Dr Guy Roche

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