Le risque de fracture ostéoporotique est-il vraiment évalué dans la BPCO ?

L'ostéoporose fait partie des comorbidités qui accompagnent la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Ses facteurs pathogéniques sont multiples : sédentarité croissante, corticothérapie systémique, baisse de l’IMC, etc. Au Royaume-Uni, les recommandations du NICE (National Institute for Health and Care Excellence) considèrent d’ailleurs la BPCO comme une cause secondaire d’ostéoporose.

Une étude de cohorte, réalisée au Royaume-Uni, a eu pour objectif d’évaluer le risque de fracture de la hanche et de toutes les fractures ostéoporotiques majeures (FOM) (hanche, extrémité supérieure de l’humérus, avant-bras et vertèbres) chez des patients atteints de BPCO, comparativement à des témoins. Par ailleurs, le recours aux outils prédictifs du risque fracturaire a été évalué, de même que leurs performances.

Plus de 80 000 cas de BPCO versus plus de 300 000 témoins

Les informations ont été obtenues à partir des dossiers de la Health Improvement Network database qui a été consultée entre 2004 et 2015. Au total, 80 874 malades atteints de BPCO ont été appariés à 308 999 témoins.

La comparaison des cas et des témoins a révélé que la BPCO était associée à un risque élevé de fracture de la hanche et de toutes les FOM. Trois facteurs contribuent largement à ces associations : corticothérapie per os, indice de masse corporelle et tabagisme. La prévalence du codage « ostéoporose » dans la base de données était aussi plus importante chez les patients, soit de 5,7 % versus 3,9 % chez les témoins (p<0,001). Il en a été de même pour l’incidence de l’ostéoporose en général avec un Hazard Ratio (rapport de risque) ajusté de 1,13 (IC95% : 1,05 à 1,22).

De manière rétrospective, les deux outils étudiés prédictifs du risque fracturaire, FRAX et QFracture, semblent avoir rempli au moins en partie leur mission : dans la prédiction des FOM, les valeurs de la ROC ont été respectivement de 71,4 %  (IC95% : 70,6 % à 72,2 %) et de 61,4 % (IC95% : 60,5 % à 62,3 %). Pour ce qui est des fractures de hanche, la valeur de la ROC commune à FRAX et à QFracture a été estimée à 76,1 % (IC95% : 74,9 % à 77,2 %).

Cette étude de cohorte confirme ainsi le risque élevé de fracture et d’ostéoporose au cours de la BPCO. En dépit de cette notion qui est admise en théorie, force est de reconnaître que, dans la pratique courante, l’estimation de ce risque est loin d’être systématique, alors que des outils prédictifs performants existent.

Dr Philippe Tellier

Référence
Akyea RK et coll. Predicting fracture risk in patients with chronic obstructive pulmonary disease: a UK-based population-based cohort study. BMJ Open. 2019 Apr 3;9(4):e024951. doi:10.1136/bmjopen-2018-024951.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article