Le saviez-vous : les infirmières libérales suivent depuis le 29 mai une grève partielle

Paris, le mardi 3 juin 2008 – L’opération séduction du directeur de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM), Frédéric Van Roekeghem à destination des infirmières libérales semble avoir totalement échoué. Depuis plusieurs mois, on le sait, ces professionnelles redoutent un très important retard dans l’application de leurs nouvelles revalorisations promises pour août 2008. Si la convention qu’elles ont signée avec l’UNCAM au printemps dernier leur garantissait de nouvelles hausses de leurs tarifs dès cet été, la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2008 a changé la donne. Elle tend en effet à imposer un délai de six mois entre la signature de l’avenant actant la réactualisation de la grille tarifaire et l’application effective de ces nouveaux tarifs. Pourtant, Frédéric Van Roekeghem avait voulu se montrer rassurant en indiquant au début du mois de mai que la finalisation de l’accord avec les infirmiers libéraux n’était nullement remise en question par les dispositifs de maîtrise budgétaire prévus par la LFSS. Il avait par ailleurs qualifié de « légitime » la revalorisation des actes infirmiers et avait simplement concédé qu’un « délai » pourrait s’imposer. Cependant, ces bonnes paroles n’ont pas du tout suffi à refreiner l’impatience des infirmières qui, se fiant plutôt aux actes, s’inquiètent de voir que pour l’heure aucune négociation n’a été entamée pour signer le fameux avenant, désormais incontournable pour entériner la hausse de leurs honoraires. 

Union presque parfaite

Aussi, les infirmières, dont la colère est aujourd’hui attisée par la hausse des prix du carburant, ont-elles jeté les bases d’une mobilisation dont la première particularité est de transcender les clivages syndicaux traditionnels. La Fédération nationale des infirmiers (FNI), l’Organisation nationale des syndicats d’infirmiers libéraux (ONSIL), mais aussi Convergence Infirmière (CI) ont décidé d’unir leurs forces pour lancer leur appel. Les infirmières ont ainsi été invitées depuis le jeudi 29 mai, avec une certaine discrétion, à participer chaque semaine à « un refus de toute prise en charge en sortie d’hospitalisation » du jeudi soir 20h au lundi matin 9h. Par ailleurs, une journée nationale d’action est prévue le 19 juin : les trois organisations lancent pour cette date un appel à la fermeture des cabinets et au refus de « toute nouvelle prise en charge » du 19 au 23 juin. Enfin, il n’est pas exclu de renforcer la mobilisation et les grèves de soins durant tout l’été. Face à cette stratégie, seul le Syndicat national des infirmiers et infirmières libérales (SNIIL) a choisi d’émettre quelques réserves. Si elle conteste la position actuelle de l’UNCAM qui soumet à la signature d’un avenant toute nouvelle hausse de tarifs, l’organisation met en doute l’efficacité de l’appel à la mobilisation. Le SNIIL estime en effet qu’avant le 1er août, « les refus de soins ne seront pas suivis » et que le choix du 19 juin, à quelques jours des « congés d’été » n’apparaît guère judicieux pour l’organisation d’une journée d’action efficace.

A.H.

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