Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil est de mauvais pronostic en cas d’AVC

Chez les patients victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC), certains symptômes cliniques ou certains signes biologiques sont péjoratifs, dans la mesure où ils témoignent d’un risque élevé de morbi-mortalité à court ou moyen terme. Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est fréquent dans les suites d’un AVC. Une étude de cohorte prospective a initialement inclus 151 patients, atteints d’un AVC, et admis dans un centre de réadaptation fonctionnelle, entre le 1er avril 1995 et le 1er mai 1997. Seuls 132 d’entre eux ont bénéficié d’un enregistrement polysomnographique du sommeil, peu de temps après l’accident neurologique initial (23 +/- 8 jours).

Tous les participants ont été suivis sur une durée moyenne de 10,0 +/- 0,6 années. L’existence d’un SAOS du sommeil a été définie par un index d’apnées et d’hypopnées (IAH) > ou = 15.  Le même critère a été appliqué aux apnées centrales du sommeil (IAH > ou = 15).  Un groupe « témoins » a été constitué par les patients dont l’IAH était < à 15.

Aucun patient n’a été perdu de vue. Sur les 132 malades constituant la cohorte, 116 sont décédés au cours du suivi. Le risque de décès s’est avéré plus élevé chez les 23 patients qui étaient atteints d’un SAOS, soit un risque relatif ajusté (RRA) de 1,76 versus le groupe des témoins (p=0,03).

Cette association s’est avérée indépendante des facteurs suivants : âge, sexe, index de masse corporelle, tabagisme, diabète, fibrillation auriculaire, Mini Mental State et performances, notamment dans les activités de la vie quotidienne. En revanche, en cas de syndrome d’apnées centrales du sommeil (n=28), la mortalité s’est avérée identique à celle du groupe témoin, avec un RRA de 1,07.

L’existence d’un SAOS associé à un AVC semble témoigner d’un risque élevé de décès prématuré, ce qui n’est pas le cas avec le syndrome d’apnées centrales du sommeil.

Dr Peter Stratford

Référence
Sahlin C et coll. : Obstructive sleep apnea is a risk factor for death in patients with stroke: a 10-year follow-up. Arch Int Med 2008 ; 168 : 297-301.

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