Le syndrome métabolique au bout de la fourchette

Le syndrome métabolique (SynMet) correspond à une constellation de facteurs de risque cardiovasculaires, en règle associée à une augmentation du risque de diabète de type 2, mais aussi de maladie cardiovasculaire et de décès, toutes causes confondues. Selon les résultats de l’étude épidémiologique NHANES III (National Health and Nutrition Examination Survey III), réalisée entre 1988 et 1994, près d’un Américain  sur quatre (≈ 24 %) serait atteint de cette pathologie à l’âge adulte. Compte tenu de l’ancienneté de l’enquête, ces données méritent certainement d’être revues à la hausse.
Le rôle exact du régime alimentaire dans la survenue du SynMet reste en fait mal connu, même s’il paraît évident, sous l’angle pathogénique. L’étude de cohorte prospective ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities) a inclus 9 514 participants âgés de 45 à 64 ans.

Un questionnaire comportant 66 items a permis d’évaluer de manière assez exhaustive les entrées alimentaires, d’un point de vue qualitatif et quantitatif, à l’état basal et au cours du suivi.

Une analyse en composantes principales a recensé les divers modes d’alimentation qui ont été regroupés et classés en une dizaine de types, notamment «prudents» et «occidentaux», en fonction du contenu en glucides d’absorption rapide et en graisses saturées d’origine animale le plus souvent.
Au terme de 9 années de suivi, 3 782 cas de SynMét ont été identifiés. Après ajustement en fonction des facteurs démographiques, du tabagisme et de l’apport calorique, il a été établi que le régime de type occidental favorisait la survenue d’un SynMét (p=0,03).
Une analyse plus poussée avec ajustement selon d’autres variables alimentaires a mis en évidence une relation similaire, pour ce qui est de la consommation de viande (p<0,001), de fritures diverses (p<0,001) et de sodas sucrés (p<0,001). En revanche, la consommation de  produits laitiers  protégerait contre ce syndrome (p=0,006).

Aucune relation n’a été établie avec les autres aliments, notamment les fruits et les légumes, les céréales, les noix, le café ou encore les boissons pauvres en calories.

Dr Catherine Watkins

Références
Pamela L. Lutsey et coll. Dietary Intake and the Development of the Metabolic Syndrome: The Atherosclerosis Risk in Communities Study. Circulation 2008; 117: 754-61.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Réagir à cet article

Les réactions sont réservées aux professionnels de santé inscrits et identifiés sur le site.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.