Le syndrome métabolique existe-t-il vraiment ?

Comme chacun sait, le syndrome métabolique (SM) est une combinaison de facteurs de risque cardiovasculaire que l’on retrouve fréquemment associés chez de nombreux patients. Son existence en tant d’entité nosologique a pourtant été remise en question récemment.

Afin de pouvoir parler de SM, il faut retrouver chez un patient au moins 3 des 5 facteurs de risque suivants (définition de l’American Heart Association 2005) : glycémie à jeun ≥ 1 g/l, HDL cholestérol < 0,4 g/l pour un homme ou < 0,5 g/l pour une femme, triglycéridémie ≥ 1,5 g/l, tour de taille > 102 cm pour un homme et > 88 cm pour une femme, hypertension artérielle ≥ 130/85 mm Hg. 

Une équipe américaine a cherché à étudier l’influence de chacun des éléments composant le SM sur le pronostic vital à long terme.

Quelque 30 000 hommes ont été suivis pendant une quinzaine d’années (n : 30 365 ; médiane de suivi : 13,6 ans).

Il ressort des analyses que, pris individuellement, chacun des cinq éléments du SM est associé à une mortalité majorée (mortalité toutes causes confondues [MTC] ou mortalité cardiovasculaire [MCV] ; p < 0,001).

Après ajustement sur l’âge et sur les autres éléments du SM, il apparaît que l’HTA est le marqueur de risque le plus puissant (risque relatif [RR] : 1,42 et 1,84 respectivement pour la MTC et MCV). L’obésité abdominale et l’hypertriglycéridémie sont également des marqueurs de risque indépendants (RR : 1,32 [MTC] et 1,52 [MCV] et RR : 1,13 [MTC] et 1,31 [MCV], respectivement), mais pas l’hyperglycémie à jeun ou le HDL cholestérol bas.

Par ailleurs, il est observé une tendance très nette à une corrélation entre le nombre d’éléments du SM retrouvés et la mortalité (p < 0,001).
Les auteurs soulignent surtout que la MCV serait significativement augmentée dès l’existence d’un seul des cinq éléments individuels du SM. Pour une majoration de la MTC, il faut au minimum deux des cinq éléments du SM.

Cette étude observationnelle tend donc à suggérer que, pris individuellement, chacun des éléments composant le SM est associé à un risque majoré de mortalité à long terme. Des études récentes ont par ailleurs indiqué que le risque lié au SM ne serait que la somme des risques associés à chacun des éléments qui composent ce syndrome.

Le SM existe-t-il vraiment ? Quelle est son utilité pratique ? L’avenir nous apportera des réponses à ces questions encore en suspens.

Dr Olivier Meillard

Références
Ho JS et coll. : Relation of the number of metabolic syndrome risk factors with all-cause and cardiovascular mortality
Am J Cardiol 2008;102:689-92

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