Le syndrome métabolique favorise-t-il la fibrillation auriculaire ?

En pratique clinique courante, la fibrillation auriculaire (FA) est indéniablement le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque, même en l’absence d’antécédent d’insuffisance cardiaque congestive ou d’infarctus du myocarde. Elle est associée à une augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’insuffisance cardiaque et de décès. Nombreux sont les facteurs de risque favorisant la FA, qu’il s’agisse de l’âge, du sexe masculin, de l’hypertension artérielle ou encore de diverses pathologies cardiaques ou non. Plus récemment, l’obésité et le diabète de type II ont été incriminés. Le syndrome métabolique combine plusieurs facteurs de risque associés à l’athérosclérose, dont l’obésité, l’hypertension, l’insulinorésistance et les dyslipidémies.

L’inflammation et le stress oxydant seraient aussi de la partie, à la fois dans la pathogénie de la FA et du syndrome métabolique.

Les facteurs de risque qui entrent dans la définition de ce syndrome métabolique jouent-ils un rôle dans le développement de la fibrillation auriculaire (FA) ? C’est à cette question que répond une étude d’observation prospective japonaise, dans laquelle ont été inclus 28 449 participants indemnes de FA à l’état basal. Un check-up a été réalisé tous les ans.

Selon la définition adoptée, la prévalence du syndrome en question a été estimée à 13 % (NCEP-ATP III, National Cholesterol Education Program Third Adult Treatment Panel) ou à 18 % (AHA/NHLBI, American Heart Association/National Heart, Lung, and Blood Institute). Au terme d’un suivi moyen de 4,5 années, ce trouble du rythme est survenu chez 265 sujets (dont 105 femmes).

Certains des composants du syndrome métabolique ont été significativement associés à la FA :
1) obésité : risque relatif ajusté (RRA) en fonction de l’âge et du sexe=1,64 ;
2) élévation de la pression artérielle : RRA=1,69 ;
3) diminution des taux plasmatiques de HDL-cholestérol : RRA=1,52 ;
4) diminution de la tolérance à l’insuline : RRA=1,44 [NCEP-ATP III] et 1,35 [AHA/NHLBI]).

L’association entre ce syndrome et la FA est restée significative en l’absence d’hypertension artérielle traitée ou de diabète, uniquement avec  la définition du NCEP-ATP III (RRA=1,78) (versus 1,28 avec la définition du AHA/NHLBI).

Cette étude de cohorte prospective révèle une association significative entre le risque de FA et le syndrome métabolique, au travers des désordres métaboliques multiples qui le caractérisent.

Dr Philippe Tellier

Référence
Watanabe H et coll. : Metabolic Syndrome and Risk of Development of Atrial Fibrillation: The Niigata Preventive Medicine Study. Circulation 2008 ; 117 : 1255-60.

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