Le Taser en toute sécurité ?

Les forces de police s’équipent progressivement d’armes dites non létales, dérivées notamment des armes électriques de défense.  Le Taser X26® en fait partie et est de plus en plus souvent utilisé pour maîtriser des individus violents et/ou potentiellement dangereux.

Dans cet article, l’auteur décrit le mode de fonctionnement du Taser X26® et fait une revue de la littérature sur les effets secondaires liés à son emploi. 

Il rappelle ainsi que le Taser X26® est un système électronique et électrique qui délivre une décharge électrique de 50 000 V et 2 mA, soit à distance (mode "tir" avec propulsion grâce à de l’azote sous pression à partir de deux électrodes reliées par des filins au lanceur) soit au contact (mode "contact" avec application directe). L’appareil génère des d’impulsions (19 par secondes pendant tout le temps d’application fixé par défaut à cinq secondes) à très faible ampérage provoquant ainsi une contraction musculaire intense qui aboutit à la chute de la victime et à sa neutralisation. Les deux sondes, restent en place dans la peau ou les vêtements jusqu’à ce qu’elles soient manuellement retirées.

Le risque de fibrillation ventriculaire (FV) ou de troubles du rythme est le premier évoqué en ce qui concerne l’utilisation d’une arme électrique mais l’auteur souligne que plusieurs études expérimentales ont montré l’innocuité cardiaque de tels dispositifs. Il rapporte cependant une interaction possible entre Taser X26® et pacemaker chez un patient qui a reçu un coup sternal, sans conséquences cliniques ni électrophysiologiques ultérieures.
Il indique également qu’il n’y a pas eu de variation de pH ou de risque de rhabdomyolyse retrouvés, la contraction musculaire n’étant pas suffisante.

Les complications liées au Taser X26® sont essentiellement d’ordre mécanique, directes (impact des sondes, contact avec l’appareil) avec des brûlures superficielles, des pénétrations oculaires avec risque de perforation, des compressions thoraciques ou indirectes (chutes) avec 6 cas de décès de sujets blessés à la tête après une chute de leur hauteur lors de l’interpellation.

A l’autopsie, des lésions circulaires érythémateuses de 2 à 4 mm de diamètre ou des lésions d’aspect cautérisé ont pu être retrouvées en fonction du délai post-mortem.

Le Taser X26® est une arme récemment introduite dans l’arsenal policier. Une adaptation des pratiques médicales est nécessaire pour ne pas surestimer la gravité, ni sous-estimer les implications cliniques. Les complications doivent donc être connues pour une prise en charge optimale.

Dr Françoise Doriat

Référence
Kroll MW : Physiology and pathology of TASER® electronic control devices. J Forensic Leg Med, 2009; 16 : 173-177.

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