Le test HPV, décidément plus performant pour le dépistage des lésions cervicales

Plus de 15 ans d’essais randomisés contrôlés ont démontré que la recherche systématique de papillomavirus à haut risque (hrHPV) est plus sensible que la cytologie pour dépister des néoplasies cervicales intraépithéliales. Selon ces travaux, cette sensibilité permet d’augmenter sans risque l’intervalle entre les examens. La recherche des hrHPV a toutefois une spécificité inférieure à la cytologie, et la cytologie en phase liquide chez les femmes dont le test HPV est positif permet en deuxième ligne de réaliser un « triage », pour adapter le suivi. Plusieurs pays ont déjà mis à  jour leurs recommandations et sont passés de la cytologie initiale suivie d’un test hrHPV de triage en cas d’anomalie, au test hrHPV initial suivi d’un examen cytologique de triage.

La transition est en cours au Royaume-Uni, et devrait être complètement achevée à la fin de l’année 2019. Le British Medical Journal publie les premières données d’une vaste étude pilote comparant les résultats d’un dépistage systématique par test HPV et ceux du dépistage « classique » par frottis initial en phase liquide. Au total 578 547 patientes ont fait l’objet d’un dépistage entre mai 2013 et décembre 2014, avec un suivi jusqu’en mai 2017. Le dépistage était recommandé à toutes les femmes entre 25 et 64 ans, tous les 3 ans jusqu’à 50 ans puis tous les 5 ans.

Pour celles qui bénéficiaient du test hrHPV initial, une colposcopie était réalisée immédiatement si le test était positif et que la cytologie montrait une anomalie de quelque grade que ce soit. En cas de test HPV positif avec cytologie négative, un contrôle était réalisé 12 mois après, avec colposcopie en cas de test positif et d’anomalie cytologique. Si le test restait positif mais la cytologie toujours négative, certains laboratoires demandaient une colposcopie si l’infection était à HPV 16/18, les autres refaisaient le test à 24 mois et bénéficiaient d’une colposcopie si le HPV était encore présent, quelle que soit la cytologie.

Meilleure sensibilité que la cytologie

Les patientes dépistées par cytologie initiale étaient adressées en colposcopie en cas d’anomalie intraépithéliale de haut grade ou anomalie de bas grade correspondant à une lésion ASCUS ou une lésion intreaépithéliale de bas grade avec test HPV secondaire positif.

Cette étude pilote confirme les données des essais randomisés et montre une meilleure sensibilité du dépistage fait par la recherche initiale de hrHPV par rapport à la cytologie initiale en phase liquide. Le test HPV aboutit en effet à détecter 50 % de plus de néoplasies intra-épithéliales de grade 2 ou plus, 40 % de plus de néoplasies intraépithéliales de grade 3 ou plus et 30 % de plus de cancers.

Un quart des néoplasies de grade 2 ou plus sont détectées après le 1er rappel à 1 an chez les femmes dont la cytologie était négative, confirmant la meilleure sensibilité de la méthode. Cette meilleure sensibilité est reflétée aussi par le taux très bas de détection de néoplasies intraépithéliales de grade 2 ou plus parmi les femmes HPV négatives lors du nouveau dépistage 3 ans après, bien inférieur à celui des femmes dépistées par cytologie en phase liquide, permettant même d’envisager un allongement de l’intervalle de dépistage.

Dr Roseline Péluchon

Références
Rebolj M et coll. : Primary cervical screening with high risk human papillomavirus testing: observational study. BMJ 2019;364:l240

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