Le test PCA3 permet de mieux sélectionner les patients à risque de cancer de la prostate avant biopsie

Le PSA est un marqueur d'organe et non de pathologie, qui augmente avec le volume ou tout état inflammatoire de la prostate. Sa spécificité insuffisante ne permet pas de sélectionner les patients ayant un cancer de la prostate et devant avoir des biopsies prostatiques. La recherche de nouveaux marqueurs est donc essentielle.

Le PCA3 est un  marqueur génique hautement spécifique du cancer de la prostate : surexprimé dans les cellules tumorales, il est détectable dans les urines après massage prostatique. Il a déjà montré son intérêt prédictif chez des hommes dont les premières biopsies prostatiques étaient négatives. Une étude multicentrique européenne est en cours pour évaluer son intérêt comme indicateur avant la pratique des premières biopsies.

Chez 237 hommes ayant un PSA entre 2,5 et 10 ng/mL, un test urinaire PCA3 a été pratiqué puis 12 à 21 carottes biopsiques ont été prélevées. Les 94 cancers diagnostiqués concernaient 9 % des hommes avec un score PCA3 inférieur à 10, 64 % des hommes avec un score PCA3  supérieur à 35, et 77 % des hommes avec un score PCA3 supérieur à 100. En cas de biopsies positives le score médian était égal à 63, contre 18 en cas de biopsies négatives. Ces résultats montrent que la probabilité de biopsie positive est d’autant plus élevée que le score PCA3 est augmenté.

De plus, le score de Gleason était égal à 7 chez 2 % des sujets avec un score PCA3 inférieur à 25, chez 24 % des sujets avec un score PCA3 entre 25 et 35, et chez 42 % des sujets avec un score PCA3 supérieur à 100. Ainsi le risque de gravité du cancer augmente aussi avec le score PCA3.

Enfin  l’aire sous la courbe du score PCA3 montrait une prédiction de biopsie positive significativement supérieure à celles du PSA, du rapport PSA libre sur PSA total et de la densité du PSA (0,787 contre respectivement 0,564 ; 0,594 et 0,684). Par rapport à des paramètres reconnus le score PCA3 paraît présenter une meilleure valeur prédictive de la positivité des premières biopsies chez des sujets ayant un PSA entre 2,5 et 10 ng/mL, ce qui devrait permettre de mieux sélectionner les patients à biopsier.

Dr Odile Biechler

Référence
Ploussard G et coll. Le test PCA3 permet-il de mieux sélectionner les patients à risque de cancer lors d’une première série de biopsies ? 103ème congrès français d’urologie - Paris - 18 au 21 novembre 2009

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