Leclerc : les officines repartent en guerre

Paris, le jeudi 13 septembre 2018 - Le 24 août, le groupe d’hypermarchés Leclerc a lancé une campagne télévisuelle se faisant fort de mettre en évidence « l’absurdité » de l’interdiction faite aux parapharmacies Leclerc de vendre des médicaments sans ordonnance et des autotests alors même que toutes leurs parapharmacies seraient sous la responsabilité d’un pharmacien… 

De la propagande et pas de la publicité

Le 3 septembre dernier, l'Union des Syndicats de Pharmaciens d'Officine (l’USPO) a réagi à cette nouvelle offensive contre le monopole pharmaceutique en sollicitant le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour qu’il fasse cesser la diffusion de ces messages.

L’UPSO rappelle, à ce titre, la décision du CSA du 3 mars 2016 qui, en marge d’une campagne similaire, avait précisé que « bien qu’il ait pour effet d’offrir indirectement une certaine visibilité aux parapharmacies E. Leclerc, l’objectif principal du message est de promouvoir des idées et d’alerter l’opinion publique sur une interdiction législative en vue de défendre des intérêts particuliers (….) ce message ne répond pas à la définition de la publicité et ne peut être diffusé au sein des écrans publicitaires ».

Les parapharmacies Leclerc supervisées par des pharmaciens ?...Pas si sûr !

De son côté, l’UDGPO (Union des groupements de pharmaciens d’officine) révèle que « lors de différentes campagnes, les parapharmacies Leclerc utilisent l’argument fallacieux qu’elles sont dirigées par des docteurs en pharmacie, qui, en plus du "prix Leclerc" fournissent les conseils d’un professionnel de santé », alors que des constats d’huissier ont permis d’établir que certaines d’entre elles ne sont pas supervisées par des pharmaciens.

Aussi, l’UDGPO attaque Leclerc en concurrence déloyale et dans sa procédure, demande au juge de déterminer, par voie d’expertise, l’existence ou non d’un pharmacien dans chacune des 255 parapharmacies Leclerc, et ce sur une plage horaire de 60 heures par semaine. « Cette photographie exhaustive nous permettra de déterminer que la publicité affirmant aux consommateurs qu’ils pourront bénéficier du conseil d’un pharmacien dans chaque parapharmacie est mensongère ».

En cas de victoire, l’UDGPO prévoit, d’inviter tous les officines à proximité de ces supermarchés à engager une class action contre le géant de la grande distribution…La guerre n’a pas cessé c’est sûr.

Xavier Bataille

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article