LED : recommandations éclairées de l’ANSES

Paris, le mercredi 15 mai 2019 – N’existant qu’en rouge, jaune et vert dans les années 90 ce qui supposait un usage restreint, les diodes électroluminescentes (LED) sont désormais incontournables dans tous les systèmes d’éclairage mais aussi dans les rétro-éclairages d’écran et dans les objets lumineux. L’essor des LED est lié rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) à l’association de la première LED bleue (développée en 1992) à un « matériau qui réémet des photons dans les longueurs d’onde plus longues » permettant d’obtenir une lumière blanche d’une intensité suffisante pour éclairer. Le caractère plus "écologique" des LED par rapport aux anciens systèmes d’éclairage a contribué à un succès quasi immédiat et ces dispositifs, qui ont bénéficié de législations favorables et s’imposent aujourd’hui majoritairement.

Une large analyse

Pourtant, les LED ne sont pas totalement exemptes de danger (mais les bénéfices sont néanmoins considérés comme supérieurs aux risques). Dès 2010, l’ANSES formulait différentes recommandations face à la photoxicité de la lumière bleue et alertait quant à ses possibles perturbations du rythme circadien. Une analyse des nouvelles données scientifiques disponibles depuis 2010 conduit aujourd’hui l’ANSES à réitérer ses préconisations. Pour mener son expertise, l’ANSES a passé en revue plus de 600 publications scientifiques et s’est également appuyée sur trois études spécifiquement réalisées dans le cadre de ses travaux : une première conduite en collaboration avec l’Institut national de la consommation (INC) porte sur les caractéristiques techniques des différents éclairages présents sur le marché, la seconde réalisée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) se concentre sur l’exposition des populations et enfin une dernière menée également par le CSTB a évalué l’efficacité des dispositifs de protection.

Des dangers différents en fonction des types de LED

Les différents types de LED ne semblent pas exposer aux mêmes risques. Ainsi, les éclairages domestiques à LED de type "blanc chaud", qui font partie des groupes de risques zéro ou 1 ne paraissent pas présenter plus de danger et de risque que les éclairages traditionnels. Cependant, l’ANSES signale « qu’une forte proportion de lampes à LED présente des variations importantes de l’intensité lumineuse », ce qui pourrait représenter une gêne pour les publics les plus sensibles. Par ailleurs, les autres types d’éclairage à LED que l’on retrouve dans les lampes torches, les phares de voiture, les décorations ou les jouets sont associés un risque supérieur. Enfin, l’ANSES rappelle que « les écrans notamment d’ordinateurs, de smartphones et de tablettes constituent des sources importants de lumière riche en bleu ». Deux types de problèmes sont associés à une exposition chronique à la lumière bleue : l’augmentation du risque de survenue d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et la perturbation des rythmes biologiques (même si la fiabilité de certaines études sur ce second point est parfois moins robuste). Il existe également un risque aigu, d’éblouissement par les éclairages à forte intensité (retrouvés notamment dans les phares de voiture, les spots et autres lampes torches).

Renforcer le cadre réglementaire et améliorer les connaissances disponibles

Compte tenu de cet état des lieux, l’ANSES formule diverses recommandations qui concernent la sensibilisation des populations (notamment en ce qui concerne les publics sensibles et les risques de perturbation du sommeil des plus jeunes), le renforcement du cadre réglementaire (afin notamment de mieux contrôler le niveau de modulation temporelle de la lumière émise par toutes les sources lumineuses et de limiter l’intensité des phares automobiles tout en garantissant la sécurité routière) et l’amélioration des connaissances scientifiques. L’ANSES souhaiterait notamment pouvoir disposer de données supplémentaires sur « les effets liés à la modulation temporelle de la lumière des LED et la photoxicité à long terme » ainsi que sur les relations « exposition-réponse ». Car  en la matière comme pour l’ensemble du champ sanitaire, l’évaluation et les réglementations doivent tenir compte de la différence entre risque et danger ! Enfin, alors que pour l’heure l’efficacité des moyens de protection apparaît très variable, des développements supplémentaires en la matière apparaissent nécessaires, tandis que doivent être évités les effets marketings faciles.

Aurélie Haroche

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