L’épidémiologie des septicémies à Candida chez l’enfant ne varie guère

Les septicémies à Candida constituent dans le monde une cause substantielle de morbidité et mortalité hospitalières. Leur épidémiologie en pédiatrie diffère de celle des populations adultes. Beaucoup d’études prospectives ont exclu les enfants. Les études multicentriques font exception.

Une étude rétrospective européenne multicentrique a réuni les observations de septicémies à Candida observées avant 18 ans de 2005 à 2015. Chaque centre participant au réseau EUROCANDY devait remplir une fiche informatique standard anonyme par patient dont les données étaient centralisées à Padoue (PENTA network). Les centres fournissant moins de 10 observations ont été exclus de l’analyse. Les données ont été stratifiées en deux périodes (2005-2010 et 2011-2015) et par tranches d’âge : nouveau-nés (≤ 44 semaines), nourrissons (> 44 SA à un an) et enfants (> 1an - < 18 ans).

Au total, 1 395 épisodes de candidémies provenant de 23 centres européens de 10 pays ont été répertoriés sur cette période de 11 ans, dont 59 % du nord de l’Europe. Globalement, le nombre médian d’épisodes par an était de 125 (de 95 à 166), sans différence significative dans le temps. Il n’existait pas de différence dans le nombre moyen d’épisodes entre le Nord et le Sud.

Un tiers des patients hospitalisé en unité de soins intensifs néonatale

L’âge médian à l’infection était de 38 mois (1 à 216), 57,8 % étaient des garçons. La distribution des épisodes par âge était la suivante : pour les nouveau-nés (n = 507, 36,4 %), d’âge gestationnel médian 27 semaines (22 à 42), l’infection était survenue en médiane à 13,5 jours (1 à 127) ; les nourrissons (193 épisodes, 13,8 %) avaient un âge médian de 6 mois (2 à 12) et les enfants (695 épisodes, 49,8 %) de 4,5 ans (1,2 à 18). Un tiers des patients était hospitalisé en unité de soins intensifs néonatale (n = 422, 30,3 %), 258 (18,4 %) en soins intensifs pédiatriques, 238 (17,1 %) en pédiatrie générale, 236 (16,9 %) en hématologie-oncologie, 142 (10,2 %) en chirurgie et 99 (7,1 %) ailleurs.

Les Candida albicans ont été isolés au cours de la moitié des épisodes (n = 734, 52,6 %) suivis des C parapsilosis (n = 392, 28,1 %) puis des C tropicalis (4,4 %), C glabrata (3,5 %) et C Krusei (2,2 %). Une plus forte proportion de C albicans a été observée en néonatologie (60,2 %), de C parapsilosis chez les nourrissons (42 %). Les enfants en hématologie-oncologie avaient le taux le plus élevé de Candida non albicans (60,2 %). Par aire géographique, les infections à Candida albicans étaient plus fréquentes au Nord de l’Europe qu’au Sud (Odds Ratio OR 2,3,intervalle de confiance à 95 % IC 1,8-2,9, P<0,001). Le taux de mortalité de toute cause à 30 jours, était de 14,4 %, plus élevé dans les unités de soins intensifs. Aucune modification dans la distribution des différentes espèces de Candida n’a été observée dans le temps.

Cette étude européenne ne montre pas de modifications évidentes dans l’étiologie et la distribution des infections septicémiques à Candida.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Warris A et coll. : Etiology and outcome of candidemia in neonates and children in Europe. An 11-year multinational retrospective study. Pediatr Infect Dis J., 2020; 39: 114-120

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