Les anomalies de la motricité rectale diffèrent dans la constipation chronique et l’encoprésie

A l’état normal, l’arrivée de selles dans le rectum détermine une distension de l’ampoule et un réflexe de défécation. Le réflexe recto-anal inhibiteur consiste en une contraction du sphincter externe et une relaxation du sphincter interne. Il a pour origine le système nerveux intrinsèque. La distension rectale stimule également les terminaisons nerveuses sous-muqueuses dont le signal est transmis par les nerfs splanchniques pelviens au 2ème et 3ème nerfs sacrés représentant l’innervation rectale extrinsèque. Le signal réflexe de retour au rectum et au sphincter interne a lieu par les fibres parasympathiques des nerfs pelviens. Les altérations de cette fonction sont associées à une constipation qui aboutit dans ses formes extrêmes et prolongées à une encoprésie avec une rétention majeures de selles dans l’ampoule rectale. Les pertes fécales varient de plusieurs fois par semaine à plus de 10 fois par jour. Les études manométriques de la motricité recto-anale à l’aide d’un ballonnet gonflable dans l’ampoule et de capteurs de pression dans le canal anal ont montré une diminution de la capacité de relaxation du sphincter interne lors de la distension rectale, des anomalies de la sensibilité rectale et des contractions musculaires faibles durant la défécation.

Des investigateurs de l’état de New York ont comparé les paramètres de la fonction anorectale de 15 enfants avec constipation isolée et de 12 compliquée d’encoprésie, âges de 3 à 16 ans. Tous les enfants avaient des troubles depuis plus d’un an, sans cause organique retenue. Ils étaient traités par fibres, huile ou agents osmotiques à l’exclusion de laxatifs et de traitement intra-rectaux.

Dans les 2 groupes, la pression de repos du sphincter, la pression de retour après distension, la pression de relaxation la plus basse et le pourcentage de relaxation étaient identiques. Cependant, les paramètres dynamiques différaient. Dans les formes avec encoprésie, le temps pour obtenir la relaxation maximale était plus prolongé 5,56 ± 1,92 sec contre 4,52 ± 1,62 (p<0,02), de même que le temps de retour à la normale : 18,36 ± 5,5 sec contre 8,95 ± 3,11 (p<0,001) et la durée de la relaxation 24,07 ± 6,11 contre 13,48 ± 3,69 (p<0,001).

La pathogénie de l’encoprésie pourrait résulter d’une anomalie du contrôle de la défécation par voie extrinsèque car des anomalies manométriques sont constatées après traumatisme médullaire, méningocèle et agénésie sacrée dont il résulte une dénervation parasympathique.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Raghunath N et coll. : Anorectal motility abnormalities in children with encopresis and chronic constipation. J Pediatr 2011; 158: 293-6

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