Les anti-TNF alpha dans la vraie vie

Chacun sait que l’arrivée des biothérapies a constitué une avancée importante pour le traitement de nombreuses maladies auto-immunes et, en particulier en dermatologie, pour celui du psoriasis en plaques modéré à sévère.  L’abondance des études qui leur ont été consacrées, relayées par les medias médicaux et les congrès, ne peut en effet les avoir laissés ignorants sur ce point ! Pour autant, on peut se demander quelle est l’attitude de la dermatologie libérale vis-à-vis de cette « nouvelle »  approche.

Pour le savoir,  l’équipe de J Ortonne a réalisé un sondage auprès d’un échantillon représentatif de dermatologues : 182 ont répondu au questionnaire dont 59 % ont un exercice libéral exclusif et 41 % un exercice mixte. 

Si le psoriasis en plaques est la forme de psoriasis le plus souvent rencontrée (70 % des cas au cours du mois précédent), l’étendue des lésions estimée n’est supérieure à 10 % que dans un peu moins d’un tiers des cas (31 %). Cependant, la gravité de la maladie est appréciée par presque tous non seulement sur l’extension mais aussi sur l’altération de la qualité de vie (rapportée par 74 % des sujets), et la localisation des lésions. Au total 50 % (+/- 25 %) des patients sont considérés comme ayant un psoriasis modéré et 17 % (+/- 20 %) un psoriasis sévère.

Les traitements de première intention proposés à ces malades sont la photothérapie (57 %), les dermocorticoïdes (36 %), les analogues de la vitamine D (39 %), l’acitrétine (23 %), le méthotrexate (18 %).

La décision de recourir à un traitement systémique ou une  biothérapie est dictée par la sévérité de la poussée, les traitements antérieurs reçus, la présence d’un rhumatisme psoriasique ou d’une co-morbidité, l’altération de la qualité de vie. Au total, les médecins interrogés voient en moyenne 1,5 +/- 2,8 malades susceptibles de bénéficier d’une biothérapie.  Soixante-huit pour cent des libéraux et 35 % des hospitaliers adressent ces malades à un collègue.

L’instauration du traitement par biothérapie, pour ceux qui sont habilités à le faire, se fait dans la grande majorité des cas dans les règles (demande de NFS, d’IDR à la tuberculine, de cliché pulmonaire, de sérologie des hépatites dans plus de 75 % des cas). Selon les praticiens le traitement est poursuivi jusqu’à blanchiment puis interrompu ou maintenu en continu. La crainte des complications est le principal motif du renoncement à prescrire une biothérapie.

Les biothérapies entrent donc progressivement dans les mœurs de la dermatologie libérale. Une plus grande accessibilité et la simplification des formes d’administration devraient sans doute accroître cette tendance.

Dr Marie-Line Barbet

Références
Ortonne JP et coll. : Intérêt et usage des anti-TNF alpha dans la prise en charge du psoriasis en plaques : sondage réalisé auprès d’un échantillon de médecins dermatologues libéraux et mixtes français.
Journées dermatologiques de Paris 2009. 8-12 Décembre 2009.

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