Les autotests VIH vont-ils changer la donne en matière de dépistage ?

Paris, le 7 mai 2015 – La HAS est prête : elle vient de publier de nouvelles informations pratiques à l’intention des pharmaciens (et autres) pour l’arrivée imminente (fin juin selon les dernières informations) des autotests VIH, un des éléments susceptibles de modifier les pratiques de dépistage du public et de faire diminuer les retards au diagnostic de cette pathologie d’autant plus accessible au traitement qu’elle est diagnostiquée tôt.

Petit rappel : en France, les recommandations prévoient depuis 2010 pour l’infection VIH, à côté des populations à risque, au moins un dépistage dans la vie pour les personne âgée de 15 à 70 ans, en dehors de toute prise de risque. Il avait été prévu de faire une évaluation cinq ans après de l’ensemble de la stratégie de prévention : la HAS vient de publier sa feuille de route sur la demande de réévaluation de la DGS.

Difficile à prescrire

Ces recommandations se basaient sur les avancées thérapeutiques et visaient la diminution des retards de diagnostic, les infections méconnues étant estimées à 40 000 en 2005.

Depuis, la donne a changé. On a constaté très vite que le dépistage « de masse » était peu réalisé, notamment car les médecins sont en difficulté pour le prescrire. Les infections méconnues ont été estimées à la baisse (29 000 en 2010) et la population la plus touchée mieux cernée : malgré un fort pourcentage de dépistages, l’incidence est de 1% pour le « groupe » HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) où 30% des sérologies positives sont des diagnostics tardifs.

TROD c’est TROP ?

Il va s’agir donc de réévaluer les campagnes d’information, étudier le suivi (ou non) des recommandations par les médecins, réévaluer l’intérêt du dépistage de masse, préciser sa fréquence pour les populations à risque et enfin analyser la pertinence des TROD (tests de dépistage et d’orientation diagnostic) notamment dans un contexte où arrivent également d’autres TROD (hépatite C, B, syphilis) et maintenant les autotests qui seront vendus en pharmacie.

Sans oublier l’incontournable « modélisation économique », puisqu’on ne fait pas de santé publique sans budget.

A propos de sous, les autotests seront payants et non remboursés. Son prix, fin juin, sera de 28 euros.

Dr Blandine Esquerre

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