Les cellules T font le lien entre le microbiote et l’asthme allergique

Le microbiote intestinal et les cellules T présentes dans la muqueuse intestinale entretiennent, dans des conditions homéostatiques, un dialogue favorable au développement du système immunitaire. Les récepteurs des cellules T sont réactifs aux antigènes dérivés du microbiote, nécessaires à la maturation du système immunitaire et à la colonisation de l’intestin. Différents signaux émis par le microbiote orientent les cellules T en différentes catégories : alors qu’une dysrégulation des Th1 et Th17 est présente dans les maladies auto-immunes et inflammatoires, les lymphocytes Th2 et les lymphocytes T régulateurs sont impliqués dans l’asthme.

Les interactions entre le microbiote et l’allergie sont connues depuis plus d’une dizaine d’années. L’hypothèse hygiéniste selon laquelle un environnement pauvre en espèces bactériennes favorise l’allergie, est alors confirmée par la mise en évidence d’un lien entre une dysbiose (altération du microbiote) et des modifications de la réponse des lymphocytes Th2. Mais au-delà des Th2, le microbiote influence aussi l’activité des cellules T régulatrices, abondantes dans la muqueuse intestinale et dont le rôle dans l’asthme allergique a été démontré. D’autres cellules T semblent impliquées dans ce processus, comme les Th17, Th9 ou les lymphocytes T effecteurs/ mémoire.

Les travaux menés sur le microbiote dans des modèles murins ont montré l’impact du microbiote sur le développement de la sensibilité aux allergènes. Sur des modèles expérimentaux et en pratique clinique, des altérations du microbiote ont ainsi été associées à l’asthme allergique, mais avec des résultats parfois contradictoires. L’étude WHEAL a montré un retard de la diversification du microbiote et des différences dans sa composition, chez les nouveau-nés à risque d’asthme élevé, en comparaison avec les nourrissons en bonne santé.

Toutefois, les mécanismes physiologiques expliquant le rôle du microbiote sur la modulation de l’activité des lymphocytes T dans l’asthme ne sont pas encore élucidés. Notons enfin que jusqu’à présent, l’administration de probiotiques pendant les 6 premiers mois de vie, en prévention de l’asthme allergique chez des nourrissons à risque, n’a pas donné de résultats concluants sur le long terme, que ce soit sur la composition du microbiote ou sur l’incidence de l’asthme.

Dr Roseline Péluchon

Références
Di Gangi A. et coll.: Go With Your Gut: The Shaping of T-Cell Response by Gut Microbiota in Allergic Asthma Front. Immunol. 11:1485.

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