Les ECNi, c’est fini

Paris, le jeudi 12 juillet 2018 - Plébiscitée par les organisations étudiantes et une grande partie des enseignants en médecine, la suppression des Epreuves classantes nationales informatisées (ECNi) comme mode d’admission à l’internat a été définitivement entérinée par Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Dominique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur. L’annonce a été faite le 5 juillet à Caen, à l’occasion du congrès de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). Dans la foulée, le nouveau calendrier a même été dévoilé : les près de 8 500 étudiants qui entreront en 4e année en septembre 2019 bénéficieront d’un deuxième cycle rénové et le nouvel accès à l’internat sera opérationnel en 2021 (fin de 5e année) et 2022 (fin de 6e année).

Exit donc le format d’un concours concentré sur trois jours en fin de 6e année, largement fustigé par le rapport rendu au début 2018 par le professeur Jean-Luc Dubois-Randé, ex-président de la conférence des doyens et Quentin Hennion-Imbault, ex-vice-président de l’ANEMF. Il est désormais acquis que la nouvelle maquette du deuxième cycle, bien que toujours à l’état d’ébauche, s’appuiera sur un triptyque qui ne laissera plus la part du lion au bachotage et valorisera d’autres compétences aujourd’hui laissées de côté.

Connaissances, compétences et parcours universitaire

Les trois socles auxquels sera conditionnée l’admission en troisième cycle reprennent en très grande partie les préconisations issues du rapport Dubois-Randé - Hennion-Imbault : un examen national de contrôle des connaissances en fin de 5ème année (sur le principe des ECN actuelles), une évaluation en fin de 6e année des compétences cliniques et relationnelles ainsi qu’une évaluation du profil du candidat basée sur l’analyse de son parcours universitaire et de son projet professionnel. Ce dernier bloc a notamment pour objectif de revaloriser les doubles-cursus et autres stages nationaux ou internationaux jusqu’alors peu prisés en raison de leur incompatibilité avec une préparation optimale aux ECNi.

Cette reconfiguration impliquera une diminution du corpus de connaissances exigé jusqu’à présent au profit d’une introduction de stages plus tôt dans le cursus pour augmenter le niveau d’acquisition des compétences pratiques. Les évaluations des stages d’externat seront renforcées de même que l’enseignement des principaux gestes grâce à des modules de simulation. Le développement du projet professionnel de chaque étudiant devra faire l’objet d’un accompagnement en continu pour que son choix d’une spécialité soit le plus pertinent possible. Rien ne l’empêchera pour autant de se porter candidat dans plusieurs disciplines, comme le souhaitaient les représentants des étudiants. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas caché leur immense satisfaction à l’annonce de cette réforme dont il reste.

Benoît Thelliez

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