Les encéphalites infectieuses en France

Les encéphalites sont graves, ont un potentiel épidémique, avec possibilité d’émergence d’agents pathogènes. De nombreux agents infectieux sont potentiellement responsables : Herpes viridae, arbovirus, bactéries intra cellulaires, virus grippaux… Cependant, dans 40 à 70 % des cas, on ne retrouve pas d’étiologies infectieuses.
 
La survenue d’une encéphalite varie selon les pathogènes (dans de rares cas pour la rougeole ou fréquemment en cas de rage) et selon l’âge (encéphalite japonaise chez l’enfant ou West Nile chez l’adulte). Certaines encéphalites sont sporadiques (HSV [virus herpes simplex]), d’autres épidémiques (virus Nipah). La transmission peut être inter-humaine (VZV [virus varicelle-zona]), vectorielle (WestNile), zoonotique (Listeria monocytogenes), par transplantation d’organes (rage) ou transfusion (West Nile).
 
En 2007, une étiologie a été retrouvée dans 52 % des cas d’encéphalites rapportés (dont 69 % d’origine virale, 30 % d’origine bactérienne et 1 % d’origine fongique).

Les HSV étaient le plus souvent en cause (25 %), puis les VZV (11 %) et les TBE (Tick Borne Encephalitis Virus) (6 %). Moins fréquemment, il s’agissait de Listeria monocytogenes, d’un virus influenza et de M. tuberculosis.

Depuis, les encéphalites auto-immunes ont été découvertes avec présence d’anticorps anti-récepteurs dont les plus connus sont les anticorps anti-récepteur NMDA (NMDAr) plus fréquent chez les femmes jeunes. Les autres anticorps sont moins fréquents mais probablement sous-estimés car non recherchés. Les encéphalites auto-immunes peuvent apparaître après infection à HSV.

Une encéphalite infectieuse aiguë est évoquée devant des symptômes ou signes de dysfonctionnement du SNC associés à de la fièvre.

Le bilan comporte 2 paires d’hémocultures (avant toute antibiothérapie), une NFS, ionogramme, glycémie, CRP, ASAT, ALAT, bilirubine, phosphatase alcaline, bilan d’hémostase et CPK. En infectieux, une sérologie VIH est indispensable avec charge virale si nécessaire.

Sur le LCR, un examen bactériologique standard, des PCR HSV, VZV, entérovirus sont impératifs. Ne pas oublier de rechercher un BK en cas de PCR négatives ou en cas de suspicion clinique ou épidémiologique. Pour rappel, la ponction lombaire est contre-indiquée avant l’imagerie en cas de présence de troubles de la vigilance (Glasgow < 11), des signes de localisation déficitaires ou des crises épileptiques focales ou généralisées.

Une IRM cérébrale doit être réalisée en urgence en 1ière intention. En cas d’impossibilité, faire une tomodensitométrie cérébrale sans et avec injection.

Si le diagnostic n’est pas posé à 48 heures, les investigations infectieuses doivent être poursuivies en fonction de l’âge, du terrain, des expositions professionnelles (ou lors des loisirs), des voyages, de la saison, des signes extra-neurologiques et des données biologiques… Et ne pas oublier les encéphalites non infectieuses !
 

Dr Sylvie Coito

Référence
Mailles A : Les encéphalites infectieuses en France. 52e journées de biologie praticienne (Paris) : 7 - 8 décembre 2018.

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