Les étudiants français en médecine courtisés jusqu’en Roumanie

Paris, le jeudi 17 mai 2018 - La désertification médicale qui touche de plus en plus de communes françaises oblige leurs édiles à se retrousser les manches et à proposer toutes sortes d’avantages pour attirer les médecins. Les incitations sont également dirigées en direction des étudiants en médecine à qui l’on propose des journées de découverte de la région, des conditions d’installation très avantageuses ou encore un travail à leur conjoint. L’important étant d’anticiper une conjoncture défavorable de la démographie médicale, certains élus n’hésitent pas à faire des centaines de kilomètres pour prendre contact avec des étudiants exilés à l’étranger pour cause de trop forte sélection en France.

C’est le cas de Jean-Luc Brault, président du Val de Cher-Controis, une communauté de communes du Loir-et-Cher qui dispose de plusieurs maisons de santé qui ont pour handicap d’avoir du mal à recruter. Dans les colonnes du quotidien régional La Nouvelle République, J.L.Brault explique ainsi que d’ici à cinq ans, le territoire connaîtra un déficit d’une quinzaine de médecins. Une situation qui, si rien n’est fait d’ici là, « sera catastrophique » selon le docteur Pinon, praticien à Selles-sur-Cher et qui a obligé J.L.Brault à employer les grands moyens.

Le Loir-et-Cher plutôt que la Norvège

Du 11 au 14 mai, le président de la communauté de communes, accompagné de son adjoint à la santé et de deux médecins de la région, s’est ainsi rendu en Roumanie pour y rencontrer les étudiants français qui suivent leur cursus de médecine à la faculté de Iasi. Son analyse de la situation est simple : « Des étudiants français ont fait le choix de partir en Roumanie pour leurs études de médecine, de vétérinaire… Et après leur internat, ces futurs médecins ne reviennent pas forcément chez nous. Ils restent là-bas, vont en Norvège ou ailleurs. Ces gamins-là ne rentreront pas forcément en France si des territoires ne les aident pas ».

L’objectif premier du voyage est de nouer des contacts avec ces futurs médecins pour évaluer leurs attentes et imaginer des solutions qui leur permettraient de venir s’installer en France, là où il va cruellement manquer de praticiens dans les prochaines années. Prenant l’exemple du département de la Sarthe qui a déjà signé plusieurs contrats avec des jeunes partis étudier en Roumanie, J.L.Brault évoque la possible création d’une aide financière de la collectivité pour financer les études en Roumanie de ces étudiants contre l’obligation de s’installer ensuite pendant au moins cinq ans sur leur territoire. Si rien n’est encore acté, il est au moins une certitude dont fait état Philippe Sartori, maire et médecin à Noyers-sur-Cher : « Nous n’avons plus les moyens d’attendre ».

Benoît Thelliez

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Vos réactions (3)

  • Retour de bâton

    Le 17 mai 2018

    Le retour de bâton est justifié, attendu depuis 40 ans.
    Quand un pays comme la Roumanie produit des dentistes qui ont le niveau d'un stomato en France.
    Quand on limite depuis 40 ans le nombre d'étudiants en France.
    Quand on a copulé avec le diable pour augmenter les honoraires, Seguin, Weil...
    Ceux qui l'ont fait pensaient "après nous (et nos enfants), le déluge".
    Il est loin le temps où des roumains venaient étudier en France et y restaient...
    Un rendez-vous avec un ophtalmo en Hongrie ? 48 h...
    Si j'étais un étudiant français en Hongrie et qu'on me sollicite, ma réponse serait...incorrecte, mais justifiée.

    Malgré ce que je dois à mes études en France.
    Qui aura le courage de brûler les effigies des ministres, du président du CNO, de la CNAM de l'époque où tout a basculé ?

    Dominique Barbelet

  • Recherche medecin roumain?

    Le 20 mai 2018

    La France n'a que ce qu'elle mérite. Elle (ses citoyens) a fait mourir la médecine libérale. Elle aura une médecine fonctionnarisée; ce sera top ! et démentiellement coûteux! Au lieu de traiter leurs médecins comme des héros, les français les méprisent et les jalousent.

    Ils auront donc ce qu'ils méritent...

    Dr Jean-Noël Chauveau

  • Paye ton stétho et/ou crève, coche la(es) case(s)"

    Le 20 mai 2018

    On se sentait bien seuls en 1982 quand on a manifesté contre les diminutions drastiques du numerus clausus et contre l'ECVO ancêtre des ECN, et la disparition des accès aux spécialités non internat, Simone Veil, François Mitterand et Jacques Barrot and co expliquaient qu'il fallait limiter les dépenses ab so lu ment en limitant le nombre de médecins, en former moins, en faire partir en retraite. Quel aveuglement, quelle étroitesse de vision de l'organisation sociétale, 68 était passé pour rien, des matraques sur la figure des étudiants y'en a eu, personne s'est beaucoup ému en 82. La parole était confisquée par les vieux bien en place, aujourd'hui on voit le désastre et la parole est de nouveau confisquée par des idéologues qui nous mènent dans le mur, MST et son TPG en est un bel exemple, pour inscrire absolument leur nom au fronton des mesures de gaaauche.

    On vit aujourd'hui des rythmes de travail infernaux en raison de l'avancée de la désertification, des confrères se retrouvent en gardes de nuit à plus de 65 ans, Vigier et ses sbires eux bien au chaud, avec des systèmes d'exception pour la retraite sur le dos de tous les citoyens, voudraient contraindre les tout jeunes à exercer à Pétaouchnoque ou à l'Hosto de Gardezmonmandatdeparlementaire, ou la maison de santé où il faut 3 temps plein pour un petit libéral de Trifouilly, flûte y'en a plus pour la régulation c'est dommage, salauds de médecins qui travaillent pas non stop en silence, hop des ARM remplaceront malgré l'épidémie de Naomi et un lynchage de temps en temps, on va les prendre où ces jeunes diplômés ! Des donneurs de leçon planqués bien assis qui scribouillent des obligations pour ceux qui tirent la charrette, c'est devenu "paye ton stétho et/ou crève, coche la(es) case(s)" ?

    Dr I. H.

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