Les examens utiles pour le diagnostic de pancréatite aiguë chez l’enfant

Malgré l’augmentation du nombre de pancréatites aiguës en pédiatrie, il existe peu de données sur la démarche diagnostique. A l’inverse de l’adulte où les causes sont dominées par les lithiases biliaires et l’alcool, les facteurs étiologiques prédominants chez l’enfant sont métaboliques, héréditaires et malformatifs.

Le diagnostic repose sur 2 parmi 3 critères :

1) symptômes cliniques
2) données biochimiques,
3) résultats de l’imagerie. Chacun de ces critères est doté d’une sensibilité très variable dans les publications.

Des pédiatres de l’hôpital d’enfants de Cincinnati ont analysé les observations colligées prospectivement concernant des patients vus entre 2013 et 2016. Le diagnostic de pancréatite aiguë était basé sur une douleur évocatrice ou une intolérance alimentaire avec agitation chez les plus petits, des taux d’amylase ou de lipase sérique au moins 3 fois la limite supérieure, des données d’imagerie (échographie, TDM ou IRM) montrant œdème pancréatique, augmentation de densité du tissu adipeux péri-pancréatique, collection liquidienne, nécrose centrale ou périphérique.

La cohorte comprend 112 patients dont 57 garçons (51 %) ; l’âge médian est de 13,4 ans (différence interquartile 9,3-15,8) ; 14 avaient une forme qualifiée de sévère. Tous les patients sauf un présentaient les signes cliniques de pancréatite ; pour le seul qui était asymptomatique le diagnostic a été fait au cours du bilan d’une hépatite. Cinquante-trois patients (47 %) présentaient 3 critères diagnostiques et 59, deux critères, sans que l’on note de différence entre eux pour l’âge, le sexe, l’IMC.

Le dosage de la lipase est l’examen le plus sensible

Les facteurs de risque les plus fréquents étaient les médicaments (22 %) puis les lithiases biliaires (19 %) ; 30 % des cas sont restés idiopathiques ; 8 malades (7 %) avaient plus d’un facteur de risque, dont 5 la combinaison de facteurs viraux, ou métaboliques et médicamenteux, 3 la combinaison de facteurs biliaires et génétiques. Sur le plan biologique, l’élévation de l’amylase notée chez 85/112 patients (76 %) avait une sensibilité de 39 % (intervalle de confiance à 95 % IC 28 %-50 %) et celle de la lipase (106/112 patients) de 95 % (IC 89-98 %) ; aucun patient n’avait d’élévation de l’amylase sans élévation de la lipase ; 6 avaient des valeurs normales et dans ces cas, le diagnostic a reposé sur la clinique et l’imagerie ; avec les examens de laboratoire, le taux de faux négatif est donc de 5,4 % (intervalle de confiance à 95 % : 2 %-11,3 %). L’imagerie pratiquée dans la semaine suivant l’admission pour 98 patients (88 %) s’est révélée être dotée, quelle que soit la modalité, d’une sensibilité globale de 61 % (IC 51 %-71 %). L’échographie réalisée sur 84 patients (75 %) a eu une sensibilité de 52 % (IC 41-63 %) et le scanner ou l’IRM faits sur 46 patients (41 %) de 78 % (IC 63-89 %). La combinaison des critères de diagnostic n’a pas été plus performante que les seuls dosages biologiques.

En conclusion, la grande majorité des enfants consultant pour un premier épisode de pancréatite a des symptômes caractéristiques. La lipase sérique a une sensibilité élevée et l’amylase modérée. L’échographie a une sensibilité modérée ; la combinaison des autres examens d’imagerie améliore la sensibilité qui reste relativement basse.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Orkin SH et coll. : Sensitivity of biochemical and imaging findings for the diagnosis of acute pancreatitis in children. J Pediatr 2019;213:143-148

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Vos réactions (1)

  • Orchite et pancréatite ourlienne en épidémies

    Le 10 octobre 2019

    Et les oreillons ?

    Dr JD

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