Les infirmières libérales appelées (à leur tour) à se mobiliser contre la réforme des retraites

Paris, le jeudi 22 août 2019 - Les rangs de la manifestation du 16 septembre contre la réforme des retraites ne devraient cesser de s’étoffer. Lancé notamment par les avocats, l’appel a rapidement rencontré un écho favorable au sein de nombreuses professions libérales. Ainsi, il y a quelques semaines, la Fédération des médecins de France (FMF), choquée par ce qu’elle considère être la tentative de « hold up » de l’État sur les réserves de la caisse autonome de retraite des médecins français (CARMF) a invité les praticiens à entamer une grève le 16 septembre.

« Mort économique de notre profession »

Aujourd’hui, c’est au tour des infirmiers libéraux d’exprimer leur colère. Convergence Infirmière (troisième syndicat représentatif chez ces professionnels) est en effet en état d’alerte. Ses préoccupations concernent non seulement les infirmières mais au-delà le sort réservé à l’ensemble de la population. Prédisant pas moins qu’un « big bang », Ghislaine Sicre, présidente du syndicat prévient : « Des cabinets infirmiers devront purement et simplement fermer. Si on veut la mort économique de notre profession qu’on le dise clairement. On ne peut pas nous demander de participer aux efforts pour maîtriser les dépenses de santé, d’être mobilisés pour désengorger les urgences, d’être là pour assurer un maillage territorial et participer à la continuité des soins, en somme d’être sur le pont tous les jours de l’année et parallèlement doubler nos cotisations retraite. Ça n’est ni raisonnable, ni acceptable, ni viable » martèle Ghislaine Sicre. A l’instar des organisations de médecins libéraux, le syndicat est par ailleurs inquiet des sombres perspectives d’avenir des caisses autonomes et se montre très pessimiste vis-à-vis des réserves constituées par ces dernières. Enfin, d’une manière générale, Ghislaine Sicre redoute que : « de nombreux services à la population vont être très fragilisés ».

Détermination mais inquiétude

Cette colère et cette inquiétude des infirmières libérales contrastent très fortement avec la sérénité affichée par le gouvernement et confirment les craintes que suscite la mise en place d’une réforme qui risque d’annihiler les efforts engagés ces dernières années par de nombreuses professions. Du côté des médecins, le discours de la FMF qui affine ses arguments en vue de la mobilisation du 16 septembre ne dit pas autre chose : « nos réserves sont menacées de détournement à court terme (…) elles sont pour nous propriété inaliénable des médecins libéraux » écrit ainsi dans un communiqué publié le 19 août le docteur Olivier Petit en charge du dossier retraite pour le syndicat. Ce dernier poursuit en insistant l’importance de « défendre pied à pied » les avantages conventionnels compensatoires, même si en dépit de cette pugnacité affichée les inquiétudes demeurent. « La question est posée : que vaut aujourd’hui et que vaudra demain le contrat conventionnel ? » conclut en effet le praticien.

Aurélie Haroche

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