Les méthodes de contraception n’ont pas toutes le même impact sur le microbiote vaginal…

Les différentes méthodes contraceptives n’ont pas toutes le même impact sur la flore vaginale.

Le déséquilibre du microbiote vaginal favorise le développement de la vaginose bactérienne. Celle-ci est souvent asymptomatique, mais fréquente (29 % aux USA).

La vaginose bactérienne est soupçonnée de favoriser la survenue d’infections sexuellement transmissibles y compris l’infection à VIH.

L’évaluation de l’impact de différentes méthodes de contraception - toutes de longue durée d’action - a été faite au cours d’une étude de cohorte longitudinale, au Family Planning Center de Harare (Zimbabwe), en relation avec l’Université de Pittsburgh (USA).

Deux cent soixante-six femmes âgées de 18 à 35 ans, en bonne santé, sans infection génitale pré-existante, non-porteuses du VIH, ont été incluses pour l’initiation d’une contraception :

- soit hormonale par injection :
- d’un progestatif : acétate de médroxyprogestérone ou énanthate de noréthistérone.
- ou d’un œstro-progestatif : éthinyl estradiol + médroxyprogestérone.
- soit hormonale en implant : étonogestrel ou lévonorgestrel.
- soit mécanique : stérilet au cuivre (T Cu 380).

Préférer la contraception hormonale au DIU au cuivre

L’évolution du microbiote vaginal a été étudiée lors de l’inclusion, puis à 1 mois, 3 mois et 6 mois de suivi : évaluation du score de Nugent et étude par PCR quantitative des différents lactobacilles connus comme bénéfiques (L. crispatus, L. jansenii, L. gasseri), ainsi que de Gardnerella vaginalis, et d’Atopobium vaginae.

Lors de l’inclusion, la prévalence de la vaginose bactérienne (score de Nugent ≥ 7) était de 31 % pour l’ensemble des 266 femmes. Cette prévalence est restée stable chez celles qui ont reçu une contraception hormonale.

Chez les 48 femmes qui avaient choisi la pose un DIU au cuivre, la prévalence de la vaginose bactérienne a augmenté progressivement et significativement : 27 % à l’inclusion, 35 % à 1 mois, 40 % à 3 mois et 49 % en 6 mois.

Ces données sont particulièrement sensibles dans un contexte sanitaire où le risque infectieux est important, mais aussi ici, quand nous devons aider au « choix éclairé » d’une contraception.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Achilles SL, Austin MN, Meyn LA, et coll. : Impact of contraceptive initiation on vaginal microbiota. Am J Obstet Gynecol., 2018; 218: 622.e1-10.

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Vos réactions (2)

  • Pas d'augmentation des vaginoses sous sterilet Cu

    Le 15 juin 2018

    Pas d’accord par ma longue expérience avec le sterilet Cu, je pense que l’industrie pharma a encore trouvé un pretexte pour promouvoir les hormones en train de perdre du terrain chez les très jeunes qui tournent le dos aux hormones au profit de la contraception mecanique une fois bien informées et chez toutes celles de plus en plus nombreuses qui présentent au bout de trois à cinq ans de prise de pilule des infections vaginales et urinaires à répétition avec baisse de la libido. Je ne partage donc pas du tout le constat d’une augmentation des vaginoses sous sterilet Cu, au contraire. Je serais ravi de connaitre les conclusions de mes Collègues.

    Dr Bernard Gall

  • Microbiote vaginal

    Le 18 juin 2018

    Cette étude ne veut pas dire grand chose compte tenu du nombre de femmes incluses en particulier celles qui ont choisi le diu. On ne connaît pas les antécédents ni leur histoire actuelle et je suis bien d’accord avec mon confrère pour penser que le diu n’a pas grand chose à voir avec la vaginose. C’est d’autant plus probable que le stérilet est de plus en plus proposé en première intention ce qui ne serait pas le cas si on pensait qu’il y avait un risque infectieux lié à son utilisation.

    Dr Roger Stadler

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