Les pays pauvres face au coronavirus

Le Cap, le mardi 24 janvier 2020 – Après l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord, l’Afrique est peu à peu touchée par la pandémie. Elle devra y faire face avec des infrastructures sanitaires très insuffisantes.

Ces dernières semaines, les observateurs ont pu être frappés par l’incapacité de certains des pays les plus riches du monde, dont la France, à gérer une épidémie de grande ampleur. Des hôpitaux de grande qualité manquent de matériel de protection et de respirateurs. On n’en est que d’autant plus inquiets quant à la capacité des pays pauvres et émergents, qui sont loin d’avoir les mêmes infrastructures sanitaires et les aptitudes organisationnelles que les pays du Nord, à combattre l’épidémie sur leur territoire.

MSF en première ligne contre le coronavirus

Ce lundi, le gouvernement de l’Afrique du Sud, un des pays le plus développé du continent a prononcé le confinement de la population, alors que plus de 400 cas ont été détectés sur son territoire. Des mesures similaires ont été prises en Tunisie, au Rwanda et dans plusieurs villes de République Démocratique du Congo. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont quant à eux décrété l’état d’urgence et un couvre-feu. De tels mesures seront bien sûr difficile à appliquer dans les pays les plus pauvres du continent, où l’État est peu présent et où sortir pour travailler est parfois une question de vie ou de mort.

Beaucoup de pays pauvres doivent compter sur l’aide des associations humanitaires occidentales pour lutter contre la maladie. Médecins sans Frontières (MSF) a ainsi commencé à former des médecins soudanais et a installé un hôpital de campagne en Iran, deux actions parmi tant d’autres dans le combat contre l’épidémie. Mais l’association craint que la crise sanitaire n’entrave ses autres actions humanitaires. Au Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres du monde, MSF a dû interrompre une campagne de vaccination contre la rougeole et des distributions de nourriture. Guillaume Baret, l’un des cadres de MSF, dit craindre une famine dans la région dans les mois à venir.

La Syrie, terrain propice à une épidémie de grande ampleur

L’épidémie risque d’être particulièrement difficile à gérer dans les pays en guerre (la vrai celle-ci !), notamment en Syrie, où neuf ans de guerre civile ont annihilé toutes les infrastructures sanitaire et affaibli les populations. Dans les camps de réfugiés du nord du pays et en Turquie, où près d’un million de personnes sont entassés, le virus pourrait se diffuser très rapidement. Même situation à Idlib, ville assiégée par les forces gouvernementales et leurs alliés russes, où près de 3 millions de personnes se sont réfugiés.

Après avoir longtemps nié le risque épidémique, les autorités syriennes commencent à prendre des mesures de confinement et demandent aux pays occidentaux de lever les sanctions économiques contre le régime. La maladie semble avoir été importée dans le pays par des miliciens iraniens venus prêter main forte aux troubles loyalistes.

Le coronavirus, un fléau parmi tant d’autres

Face au coronavirus, les pays pauvres présentent cependant l’avantage d’avoir une population bien plus jeune que les pays les plus développés. A titre d’exemple, seul 2,6 % des habitants du Niger ont plus de 65 ans, contre 21,7 % des Italiens !

Sans compter que la mortalité liée au Covid-19 apparait malheureusement comparativement faible dans des régions qui payent déjà un lourd tribut aux maladies infectieuses et parasitaires, dont certaines sont bénignes, voire inexistantes dans les pays riches. A titre d’exemples, 1,4 millions de personnes décèdent de la tuberculose chaque année, 950 000 du SIDA, 450 000 du paludisme et 550 000 enfants de la diarrhée, dont la très grande majorité en Afrique. Si les Africains ont besoin d’antipaludéens, ce n’est pas (seulement) pour combattre le coronavirus, mais le paludisme !

QH

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