Les professionnels de santé sont-il les oubliés de la lutte contre les violences sexuelles ?

Paris, le mardi 7 août 2018 - La loi sur la lutte contre les violences sexuelles et sexistes a été adoptée le 1er août. De ce texte, considéré par de nombreuses associations comme dénaturé par le gouvernement,  on retiendra le renforcement de la pénalisation du cyberharcèlement et l’allongement du délai de prescription des crimes sexuels commis sur mineurs qui passera de 20 à 30 ans à compter de la majorité de la victime.

Parmi les mesures fortes passées à la trappe, beaucoup concernent les professionnels de santé. Que ce soit la création de référents au sein des établissements de santé et médico-sociaux, ou l’accompagnement des victimes de violences physiques ou sexuelles, ou encore l’obligation pour les médecins et les soignants de suivre des formations sur ces problématiques.

En outre, beaucoup d’observateurs s’étonnent du retrait d’un amendement qui devait établir une contrainte de signalement pour les médecins ayant des soupçons de violences sexuelles sur mineurs.

En effet, à l’heure actuelle, l'article 226-14 du code pénal, qui autorise de passer outre le secret professionnel dans certains cas, permet, mais n’oblige pas, les praticiens à « porter à la connaissance du procureur de la République, de violences physiques, sexuelles ou psychiques présumées », lorsque la victime est un mineur ou en incapacité physique ou psychique.

Marlène Schiappa a ainsi demandé le retrait de cette proposition, considérant qu’ils devaient pouvoir apprécier, selon les circonstances, quelle est la meilleure façon de traiter la situation. 

Xavier Bataille

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Vos réactions (1)

  • La meilleure façon ?

    Le 08 août 2018

    La violence sexuelle est un crime qui marque à jamais sa victime. Y a-il meilleure façon que de rappeler la loi à l'auteur et de permettre à la victime de gagner enfin son statut de victime propice à une reconstruction ?
    Une autre "meilleure façon" existe ? Je suis curieuse de l'entendre, à par faire l'autruche et dire que l'on n'est pas concerné, ou que c'est un problème personnel et que l'on ne veut pas faire d'ingérence, parce que le problème dérange...

    C. Durand

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