Les sénateurs veulent favoriser le recours au TROD hépatite C en officine

Paris, le mardi 3 décembre 2019 – Le gouvernement, on le sait, veut favoriser la prise en charge des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) en officine. Une disposition du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) actuellement en discussion organise d’ailleurs les conditions de leur remboursement. Cependant, l’arrêté du 1er août 2016 qui fixe la liste des TROD susceptibles d’être utilisés en pharmacie n’inclut pas ceux concernant l’hépatite C. Pour les sénateurs, qui rappellent que « Le Gouvernement s’est fixé en 2018 l’objectif de parvenir à l’élimination du virus de l’hépatite C en France à l’horizon 2025 » cette lacune est regrettable. Aussi, les élus du Palais du Luxembourg ont adopté un amendement destiné à rappeler au gouvernement « la nécessité de permettre la réalisation et la prise en charge des TROD du virus de l’hépatite C en officine de ville ».

Une expérimentation en Occitanie

Ce texte pourrait ne pas résister à un nouvel examen des députés et au passage en commission mixte paritaire, le gouvernement s’y étant déclaré défavorable. Pourtant, une expérimentation, validée par le comité technique de l’innovation en santé, est déjà en cours en Occitanie. Conduite par l’équipe Mobile Hépatite du CH de Perpignan, ce programme qui a débuté fin septembre repose sur la proposition d’un « dépistage de proximité de l’hépatite C par test rapide TROD en pharmacies d’officine à l’intention de personnes identifiées par un court questionnaire » comme susceptibles de présenter un ou plusieurs facteurs de risque. L’objectif de cette expérience est de réaliser 10 TROD par semaine et par pharmacie pendant cinquante semaines, soit l’inclusion de 5 000 patients.

Un dépistage mal calibré

Ce type d’initiatives repose sur la constatation que la politique de dépistage en France exclut un certain nombre de sujets potentiellement infectés. « Les quatre millions de dépistages réalisés chaque année en France ne touchent pas les bonnes catégories. On dépiste surtout les jeunes, alors qu’une grande partie des patients actuels sont des femmes de 40 à 70 ans ou des hommes qui ont été infectés avant la découverte du virus en 1989 » fait valoir le docteur Marc Bourlière, président de l’Association française pour l’étude du foie (AFEF) cité par le Quotidien du médecin.

C’est également en se fondant sur de mêmes conclusions que beaucoup de spécialistes promeuvent un dépistage universel, stratégie qui pourtant n’est aujourd’hui pas recommandée par la Haute autorité de Santé (HAS). Si le gouvernement n’est pas lié réglementairement par les avis de la HAS, son refus de soutenir l’amendement adopté par le Sénat concernant l’usage des TROD en officine suggère l’orientation de sa réponse.

Aurélie Haroche

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