Les smartphones en consultation : la pratique et la loi

Selon cette enquête menée en 2016, plus de 80 % des jeunes dermatologues australiens considèrent comme très important le fait de pouvoir envoyer et recevoir des photographies cliniques par smartphone. Cette proportion reflète la pratique actuelle. En effet, lorsqu’un patient consulte un médecin généraliste (ou un spécialiste non dermatologue), un service d’urgences, en zone urbaine ou rurale, le fait de pouvoir obtenir un avis immédiat d’un dermatologue, même si la fiabilité d’une photographie n’atteint pas celle d’une consultation traditionnelle, constitue sans conteste un progrès considérable. Ceci permet en effet non seulement d’améliorer les prises en charge, de diminuer les hospitalisations injustifiées, mais aussi d’accélérer les avis spécialisés aux urgences. De même, les dermatologues ont pris l’habitude de pouvoir ainsi demander facilement l’avis d’un collègue, et cela ne fera que se développer.

Mais cette pratique si bénéfique pose un certain nombre de problèmes et des recommandations, règlements, et lois, sont nécessaires. « Malheureusement » diront certains, « heureusement » diront d’autres. Les questions sont en effet nombreuses. D’abord celle du consentement du patient, dont beaucoup ne se soucient pas, mais qui deviendra probablement obligatoire, par écrit, précisant les usages autorisés, et qu’il faudra conserver. Ensuite la question de la transmission des images et des avis médicaux. Beaucoup utilisent les emails habituels et les textos, mais ceci n’est pas sécurisé et ne conviendra pas à une télédermatologie validée. Puis la conservation des documents et images, soit sur smartphone, soit sur d’autres supports, personnels ou hospitaliers ou autres.

Toutes les sociétés savantes et administrations de santé travaillent actuellement à l’élaboration de la réglementation qui semble nécessaire et qu’il faudra suivre. Évidemment, cela risque d’alourdir une technique dont l’immédiateté est la qualité essentielle. Mais sinon on risque, comme c’est le cas (à la date de rédaction de l’article) dans l’état australien de Nouvelles Galles du Sud, que soit interdit l’usage de smartphones personnels dans la pratique clinique. 

Dr Daniel Wallach

Références
Abbott LM et coll. : Smartphone use in dermatology for clinical photography and consultation: Current practice and the law. Australas J Dermatol 2018 ; 59 : 101-107.

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Vos réactions (1)

  • Bien réfléchir...

    Le 17 juillet 2018

    Clairement, s’il faut faire signer un consentement à chaque sms, je ne demanderai plus d’avis texto et ils iront consulter leurs spécialistes "à l’ancienne" avec une lettre !

    J. Sellenet

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