Les troubles du sommeil après un accident de voiture font-ils le lit du syndrome de stress post traumatique ?

Les troubles du sommeil sont courants chez les malades atteints d'un syndrome de
stress post-traumatique (SSPS). Ils apparaissent volontiers quand le sujet revit le traumatisme inaugural. Ils font d'ailleurs partie des symptômes d'hyperstimulation psychique qui sont décrits dans le DSM-IV. Les relations causales entre ces troubles du sommeil et le SSPS n'en sont pas moins ténébreuses.

Une étude cas-témoins s'est penchée sur leur signification chez des sujets victimes d'un accident de voiture. Les cas sont au nombre de 102 et les témoins sont 19. Les informations concernant l'insomnie et la somnolence diurne ont été recueillies à l'aide d'autoquestionnaires remplis dans les suites de l'accident (1 semaine, 1, 3, 6 et 12 mois après celui-ci). Au 12ème mois, une interview clinique structurée, dérivée du DSM-III-R a permis de repérer les sujets atteints d'un SSPS.

Chez les victimes, ce diagnostic a été posé dans 26 cas (versus 0 chez les témoins). Une analyse multivariée par régression logistique multiple révèle que les troubles du sommeil détectables 1 mois après l'accident sont prédictifs du SSPS diagnostiqué 11 mois plus tard.

Certes, l'étude n'établit aucun lien de causalité entre l'insomnie et ce syndrome. Elle n'en suggère pas moins que son installation précoce s'associe à un risque élevé de SSPS dans les suites d'un accident de voiture. Les troubles du sommeil ont donc une certaine valeur diagnostique et pronostique dans ce contexte particulier.

Dr Vanessa Flanchet


Koren D et coll. : "Sleep complaints as early predictors of posttraumatic stress disorder : a 1-year prospective study of injured survivors of motor vehicle accidents." Am J Psychiatry 2002; 159: 855-857. Copyright Sanofi-Synthelabo France 2004.

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