Les victimes de coma éthylique auront droit à un suivi psychologique

Paris, le mercredi 9 janvier 2019 - Le ministre de la santé, Agnès Buzyn, avait annoncé le 22 octobre dernier la généralisation sur tout le territoire d’un dispositif permettant aux personnes hospitalisées suite à un coma éthylique de bénéficier d’un suivi psychologique.

Ce mardi, c’est par un simple tweet que le gouvernement a dévoilé son « plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 ». Un plan qui, selon la plupart des commentateurs et addictologues, ne prend pas les mesures nécessaires sur la question de l’alcool, pourtant responsable de 49 000 décès par an en France. La raison de cette frilosité du gouvernement se trouve sans doute dans le soutien affiché du Président de la République Emmanuel Macron à la filière viticole.

La divulgation de ce nouveau plan de lutte contre les addictions est cependant l’occasion de rappeler que le ministre de la santé Agnès Buzyn, qui avait été remise à l’ordre pour avoir cru bon rappeler que le vin était un « alcool comme les autres », avait annoncé le 22 octobre dernier la mise en place d’un suivi psychologique obligatoire pour les personnes hospitalisées suite à un coma éthylique et notamment les jeunes.

Une poire pour la soif

Ce suivi est déjà expérimenté dans de nombreux hôpitaux et notamment à Pau où les personnes hospitalisées suite à des épisodes d’alcoolisation massive sont contactées dans les jours suivants par un éducateur membre de l’équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA) du centre hospitalier. Sans tabou ni volonté de moraliser, l’éducateur fait le point avec le patient sur l’incident afin de lui faire prendre conscience des dangers d’une alcoolisation massive.

En 6 mois, ce dispositif a bénéficié à une trentaine de jeunes de moins de 25 ans. « L’hôpital est un bon lieu de repérage » selon Vincent Ricarrere, éducateur membre de l’ELSA. « Il n’y avait pas jusque-là pas forcément de réponse adaptée à ce type de public » explique-t-il. Alors que le gouvernement a notamment refusé, dans son plan de lutte contre les addictions, d’augmenter les prix de l’alcool ou d’instaurer un prix minimum, ce dispositif de suivi psychologique reste donc pour l’instant la seule nouvelle arme qu’il ait créée pour lutter contre les ravages de l’alcool chez les jeunes.

Quentin Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article