Leucémie myéloïde aiguë : amélioration de la survie globale des patients en rémission

Jusqu'à présent les tentatives d'amélioration de la survie des patients atteints de LMA par instauration d'un traitement de consolidation après induction d'une rémission par chimiothérapie d'induction étaient restées vaines.

L'essai de phase 3 QUAZAR AML-001 a enrôlé entre mai 2013 et octobre 2017, une population de 472 patients atteints de LMA de novo ou secondaire avec une cytogénétique à risque intermédiaire ou défavorable recrutés par 148 centres dans 23 pays. Pour être inclus, les patients devaient avoir ≥55 ans, avoir obtenu une réponse complète (RC) ou une réponse complète avec récupération globulaire incomplète (RCi) après chimiothérapie d'induction suivie ou non d'une consolidation et ne devaient pas être candidats à la greffe de cellules souches hématopoïétiques.

Dans les quatre mois de l'obtention d'une RC (81 %/RCi (19 %) par chimiothérapie intensive, les patients (dont 80 % avaient reçu au moins 1 cycle de consolidation) ont été randomisés vers un bras CC-486 (une forme orale d'azacitidine) 300 mg une fois par jour (n = 238) ou vers un bras placebo (n = 234), l'administration se faisant pendant 14 jours de cycles de 28 jours poursuivis jusqu'à progression ou toxicité inacceptable.

La survie globale était le critère d'évaluation principal et après un suivi médian de 41,2 mois, le risque de décès était inférieur de 31 % dans le bras CC-486 par rapport au bras placebo, les médianes de survie globale étant respectivement de 24,7 mois et 14,8 mois (HR [Hazard Ratio]= 0,69 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,55 à 0,86 ; p = 0,0009).

Dans le bras CC-486, le risque de rechute était également significativement plus faible : médiane de survie sans rechute de 10,2 mois versus 4,8 mois dans le bras placebo (HR = 0,65 ; IC95 de 0,52 à 0,81 ; p=0,0001) et il y a eu plus souvent éradication de la maladie résiduelle (MRD–).

Les améliorations concernant ces critères ont été documentées indépendamment de l'âge, du statut cytogénétique, du type de réponses post-induction et de l'existence d'une consolidation, de la présence d'une maladie résiduelle mesurable.

Les effets indésirables de tous les grades les plus fréquents sous respectivement CC-486/placebo étaient les nausées (65 %/24 %), les vomissements (60 %/10 %) et la diarrhée (50 %/22 %). Les effets indésirables de grades 3/4 les plus fréquents étaient une neutropénie (41 %/24 %), une thrombocytopénie (23 %/22 %) et une anémie (14 %/13 %).

Des effets indésirables graves ont été signalés chez 34 %/25 % des patients, il s'agissait principalement d'infections (17 %/8 %) et des arrêts de traitements pour effets indésirables ont été rapportés chez 13 %/4 % des patients. Il est à noter qu'en dépit de ce surcroit d'effets indésirables, les patients du bras CC-486 ont reçu plus de cycles de traitement que ceux du bras placebo (médiane de 12 cycles versus 6).

En conclusion, le CC-486 est le premier traitement à fournir une amélioration statistiquement et cliniquement significative de la survie globale et de la survie sans rechute chez les patients atteints de LMA en rémission après une chimiothérapie d'induction suivie ou non de  consolidation. Et sur base de ces résultats, il semble raisonnable de s'attendre à ce que ce traitement devienne partie intégrante du traitement des personnes âgées atteintes de LMA en rémission.

Dr Jean-Claude Lemaire et Daniel Béard

Références
D'après la communication en session et en conférence de presse officielle de Andrew H. Wei et coll. (#LBA3) 61e réunion annuelle de l'American Society of Hematology/ASH (Orlando) : 7-10 décembre 2019.

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