L’Europe désunie face à la pandémie

Prague, le dimanche 22 mars 2020 – La République Tchèque a reconnu avoir saisi une cargaison de masques et de respirateurs provenant de Chine et à destination de l’Italie. Une nouvelle manifestation du manque de cohésion des pays européens face à l’épidémie de coronavirus.

« In varietate concordia » (unie dans la diversité). La devise de l’Union Européenne n’a jamais été autant nécessaire et aussi peu respecté qu’en ces temps d’épidémie. Alors que les appels à la solidarité se multiplient de la part des instances de l’Union, la règle du chacun pour soi règne entre les partenaires européens. Dernière illustration de la désunion, la République Tchèque a « volé » une cargaison de respirateurs et de masques de protection à destination de l’Italie.

La Tchéquie fait son mea culpa

Ce vendredi, les autorités tchèques ont en effet reconnu avoir saisi 700 000 masques ainsi que des respirateurs, envoyés par la Croix rouge de la région chinoise de Zhejiang à destination de l’Italie. Le ministre de l’Intérieur tchèque a fait son mea culpa et évoque un malentendu : les douaniers tchèques auraient cru que cette aide humanitaire avait été importé illégalement par des entreprises locales.

Les masques ont déjà été distribués dans les hôpitaux du pays, qui compte pour l’instant environ 1 000 personnes testés positif au SARS-Cov-2. En « compensation », la Chine a envoyé une nouvelle cargaison de 1 000 000 masques…qui atterrira directement en Italie cette fois ci.

« Pas un bon signe pour la solidarité européenne »

Cette affaire n’est qu’une des illustrations parmi d’autres des réflexes nationalistes qui se réveillent chez les États membres de l’Union, alors qu’il n’existe pas de politique européenne commune en matière de santé. De nombreux pays, notamment d’Europe de l’Est, ont suspendu les accords de Schengen et ont fermé les frontières. D’autres États, dont l’Allemagne, ont décidé d’interdire l’exportation de matériel médical vers des pays membres, au mépris des règles européennes et malgré les protestations de la Commission.

L’ambassadeur italien auprès de l’Union Européenne Maurizio Massari a déploré le 11 mars dernier qu’aucun pays européen n’avait répondu à l’appel de la Commission de venir en aide aux Italiens et que seul la Chine avait accepté de leur fournir du matériel médical. « Ce n’est pas un bon signe pour la solidarité européenne a-t-il conclu ».

La Chine et Cuba à la rescousse

Une lueur d’espoir tout de même : la région allemande du Bade-Wurtemberg, encore peu touchée par l’épidémie, s’est dite prête à accueillir des patients français pour soulager les hôpitaux de l’Est de la France, actuellement saturés.

Alors que les pays européens se renferment sur eux-mêmes, l’Italie, pays le plus touché par la pandémie, est obligé de faire appel à des états extérieurs à l’Union. La Chine donc, mais aussi Cuba, qui a envoyé une équipe de 52 médecins et infirmiers, ainsi que le Venezuela, appelé à l’aide par le gouverneur de Lombardie, la région qui paye le plus lourd tribut à l’épidémie. Comble de l’ironie, ce sont donc des dictatures qui doivent venir en aide à l’Europe libérale !

Q.H.

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