L’Europe entre prudence et optimisme

Genève, le vendredi 26 juin – Tandis que l’OMS s’inquiète d’une possible résurgence de l’épidémie en Europe, les chiffres de l'épidémie y restent globalement positifs et encourageants.

Un spectre hante l’Europe, celui d’une seconde vague. Depuis que les pays européens ont entamé leur déconfinement début mai et retrouvent peu à peu une vie normale, la crainte d’une recrudescence de l’épidémie de coronavirus, d’une nouvelle hécatombe et d’un éventuel retour du confinement est dans tous les esprits. Et les nouvelles récentes donnent du grain à moudre aux plus pessimistes : Lisbonne a ainsi remis en place des mesures de distanciation physique à la suite d'une hausse soudaine des cas détectés, tandis que l’Allemagne a confiné deux cantons de 600 000 habitants. Plus loin de nous, Pékin est coupé du monde depuis près de deux semaines.

L’OMS multiplie les messages alarmistes

De son côté, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne cesse de relayer ces informations inquiétantes et multiplie les messages d’alerte. Hans Kluge, directeur de la branche Europe de l’organisation onusienne, a ainsi parlé d’une « recrudescence très importante » de l’épidémie sur le continent ces derniers jours qui pourrait « pousser les systèmes de santé au bord du gouffre une fois de plus en Europe ». Le vieux continent compte en effet désormais près de 20 000 nouveaux cas quotidiens. La situation n’est guère plus réjouissante dans le reste du monde, puisqu’un million de contaminations ont été recensés ces huit derniers jours et que le cap des 10 millions d’infectés devrait bientôt être atteint.

Des chiffres inquiétants en valeur absolue mais qu’il convient de relativiser selon Jean-François Toussaint. Partisan d’une ligne "optimiste" depuis le début de la pandémie, le professeur de physiologie estime que cette hausse des cas détectés est surtout due à une amélioration des capacités de dépistage partout dans le monde. Plus que le nombre de nouveaux cas, c’est celui de nouveaux décès quotidiens qui doit être examinée pour connaitre l’évolution de l’épidémie. Et celui-ci est en chute libre en Europe : seulement 700 européens décèdent quotidiennement du Covid-19, alors que la France connaissait à elle seule plus de 1 000 morts par jour début avril. La létalité du virus est donc en forte diminution.

Une seconde vague aux Etats-Unis ?

La même double lecture, entre prudence et optimisme, peut être faite de la situation actuelle aux Etats-Unis. Après une baisse fin mai-début juin, le pays compte à nouveau plus de 40 000 nouveaux cas quotidiens. Suffisant pour l’OMS et certains experts américains pour parler de seconde vague. Il convient cependant de rappeler que cette hausse des contaminations concerne les États du sud du pays, comme le Texas ou la Floride, qui avait été peu touché par la vague d’avril. Les États fortement endeuillés du Nord-Est ne connaissent ainsi pas de recrudescence épidémique. L’occasion de rappeler qu’il n’est pas opportun d’étudier en un bloc un pays de 320 millions d’habitants grand comme l’Europe.

Même en Amérique du Sud, actuellement frappé de plein fouet par l’épidémie, un optimisme prudent peut être adopté. La mortalité y est certes encore importante mais n’augmente plus. Le Brésil, pays le plus endeuillé de la région, stagne ainsi autour de 1 200 décès quotidiens depuis 15 jours. On peut donc y espérer un affaiblissement proche de l’épidémie.

Tout n’est donc finalement qu’une question de relativisme. L’épidémie devrait bientôt approcher le cap symbolique des 500 000 morts dans le monde. Un nombre effroyable en valeur absolue mais qu’il faut rapporter aux près de 60 millions de décès annuel dans le monde. Depuis le début de l’année, le cancer, les maladies cardio-vasculaires et même les accidents de la route ont fait plus de mort que la Covid-19.

QH

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