Lévothyrox : diminution de 90 % des signalements

Paris, le jeudi 30 janvier 2020 – Le changement de composition du Lévothyrox au printemps 2017, afin d’assurer une meilleure stabilité au médicament, a été accompagné du lancement d’une enquête de pharmacovigilance. Celle-ci a permis de constater une forte hausse des signalements à la fin de l’été 2017. Cependant, l’analyse des données n’a pas permis d’identifier de signaux spécifiquement associés à la nouvelle formule, ni d’expliquer la hausse des évènements rapportés. Dans ce contexte, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a d’une part choisi de maintenir sa veille et parallèlement de diligenter une enquête concernant les autres spécialités à base de lévothyroxine.

Diminution considérable des notifications

Les dernières données disponibles suggèrent un retour à la "normale" avec une forte baisse des signalements concernant le Lévothyrox (qui représente aujourd’hui 72 % des traitements à base de lévothyroxine délivrés).

Ainsi, « le taux moyen mensuel de notification (…) confirme une diminution considérable de la notification des cas graves hors "autre situation médicale grave" pour le Lévothyrox, par apport à l’enquête précédente (- 90 %), particulièrement nette au 1er semestre 2019 (moins de dix cas par mois) ». Cette baisse se retrouve également d’une manière un peu moins marquée (-67 %) pour les autres spécialités de lévothyroxine . L’ANSM relève par ailleurs que parmi les quinze décès notifiés (sur 168 cas d’événements indésirables graves associés au Lévothyrox), pour 13 cas les données sont soit trop parcellaires soit en faveur d’une absence de lien avec le médicament. Pour les deux derniers cas, qui sont des suicides, « la responsabilité du Lévothyrox peut être discutée » notent les auteurs, même si leur survenue plusieurs mois après le changement de traitement limite bien sûr l’influence à accorder au médicament.

Fin (prématurée ?) de l’enquête

Ces résultats ajoutés à ceux de la vaste enquête Epi-Phare qui a confirmé en juin l’absence d’augmentation des problèmes de santé graves au cours des mois suivant l’initiation du Lévothyrox conduisent aujourd’hui l’ANSM à préconiser la suspension de la surveillance rapprochée du médicament. Cette préconisation suscite évidemment la réticence de certaines associations de patients qui estiment que l’incertitude quant à la survenue de certains effets rend nécessaire la poursuite de l’enquête.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Suicides et Lévothyrox

    Le 15 février 2020

    Plutôt que de tenter d'incriminer le Levothyrox dans un suicide, on devrait vérifier si ces patients ne sont pas sous benzodiazépines dont on sait qu'elles provoquent de la dépression et des suicides.

    Mais osez dire du mal de ces merveilleuses drogues est considérer comme un crime de lèse-majesté en France où on interdit de publier cet effet secondaire bien connu en dehors de la France.

    Dr Guy Roche, ancien interniste

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