L’Hôtel Dieu au chevet de Notre Dame

Paris, le mardi 16 avril 2019 – Incrédule, hier soir, le monde entier regardait l’une des plus célèbres églises de la planète être attaquée par les flammes. Un sentiment de tristesse et d’impuissance a étreint la plus grande partie de la population française, qui aujourd’hui s’éveille avec la consolation de pouvoir encore admirer les deux tours de sa cathédrale. Si le bouleversement est profond pour tous ceux qui ont lu Notre Dame de Paris, qui se sont émerveillés de la pureté des lignes de cette église, qui ont sillonné ses travées en réalité ou en imagination, la tragédie n’a heureusement pas nécessité de déploiement massif des secours hospitaliers. Le nombre de victimes est demeuré très restreint : seuls deux policiers et un pompier ont dû être pris en charge pour des blessures légères, alors que l’intoxication par inhalation de fumée peut être gravissime (elle est lors d’un incendie à l’origine de 80 % des décès).

Cependant, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) s’est immédiatement mobilisée, au sein notamment de l’Hôtel-Dieu également situé sur l’île de la Cité et qui aurait pu être évacué. L’établissement s’est très rapidement « organisé afin de pouvoir accueillir pendant toute la nuit, et encore ce matin, toutes les équipes de pompiers et bénévoles mobilisés (…). Les locaux ont été mis à disposition afin qu’ils puissent se reposer. Des repas leur ont été proposés », indique l’AP-HP dans un communiqué. Par ailleurs, en raison des mesures de sécurité prise, l’accès à l’Hôtel Dieu a été modifié.

Sidération

L’absence de victimes humaines permettra de limiter les conséquences psychologiques de ce drame patrimonial. Néanmoins, face à l’émotion exprimée, la Cellule d’urgence médico-psychologique de paris (CUMP), sous la supervision du Dr Abgrall a été activée. L’AP-HP indique ce matin qu’une quarantaine de personnes a déjà été prise en charge et précise que l’amplitude horaire de la structure pourrait être modifiée en cas d’affluence. Les témoins directs de l’incendie, dont certains n’ont pas échappé à une forme de sidération, pourraient en effet ressentir le besoin d’évoquer cette triste expérience, d’autant plus que comme c’est désormais la règle, les images diffusées à la télévision ont pu renforcer ce sentiment d’hébétude et d’incrédulité. En outre, certains sujets fragiles, notamment ceux qui ont été exposés récemment à des événements traumatisants proches (incendies, attentats, catastrophes…) sont plus particulièrement susceptibles de développer des troubles anxieux face à ce type d’événement très médiatisé, notamment s’ils ont souffert de syndrome de choc post-traumatique. En tout état de cause, un sentiment de deuil semble s’être emparé de la France, comme en témoigne le report de certaines manifestations et mobilisation. Plusieurs associations dédiées aux soins à domicile qui avaient prévu d’exprimer leur colère sous les fenêtres du ministère de la Santé ont ainsi décidé dès hier soir d’annuler leur défilé.

Aurélie Haroche

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