L’hypotrophie néonatale à l’origine de nombreux décès dans les pays à faibles revenus

La réduction de la mortalité infantile est l’un des « objectifs de l’après-2015 » de l’ONU et de l’ENAP (Every Newborn Action Plan). Naissances prématurées, grossesses compliquées et infections néonatales sont les principales causes de mortalité néonatale. D’autres étiologies sont moins identifiées comme étant directement en lien avec la mortalité. C’est le cas notamment de l’hypotrophie néonatale. Elle concerne les enfants dont le poids de naissance est inférieur au 10ème percentile  des distributions de poids par âge gestationnel et sexe.

Une étude internationale a été menée en 2012, pour estimer la prévalence de l’hypotrophie néonatale et son impact sur la mortalité, dans des pays à faibles et moyens revenus. Quatorze cohortes de nouveau-nés ont été recrutées, en Asie du sud, du sud-est, occidentale, centrale et orientale, Amérique latine et Caraïbes, Afrique du nord, Océanie et Afrique sub-saharienne.

Plus de 600 000 décès néonatals attribuables à l’hypotrophie néonatale

Au total, environ 23,3 millions d’enfants (19,3 %) sont nés hypotrophes dans ces régions du monde en 2012. Parmi eux 11,2 millions étaient à terme et de poids de naissance ≥ 2 500 g, 10,7 millions étaient à terme et de poids de naissance < 2 500 g et 1,5 million étaient prématurés. Environ 605 500 décès néonatals (21,9 %) étaient attribuables à l’hypotrophie néonatale. Le plus lourd tribut est payé par l’Asie du sud où 34 % des enfants sont nés petits pour l’âge gestationnel et où 26 % des décès néonataux peuvent être attribués à cette hypotrophie. Selon les auteurs, si, dans ces pays, la prévalence de l’hypotrophie était réduite à 10 %, les décès néonatals diminueraient d’environ 9,2 %.

Des déficits nutritionnels contribuent sans doute largement à la fréquence des hypotrophies néonatales. D’autres mécanismes sont toutefois en cause, comme les infections maternelles, les dysfonctions placentaires, les morbidités pendant la grossesse et l’exposition à certains agents environnementaux. En attendant la résolution de ces facteurs, quelques mesures réduiraient déjà la mortalité : réanimation néonatale, prise en charge des infections, antisepsie du cordon par chlorhexidine, allaitement précoce, etc. L’efficacité de la méthode des soins maternels kangourou, pratiquée pour les enfants prématurés, pourrait aussi être évaluée pour les enfants nés à terme mais hypotrophes.

Dr Roseline Péluchon

Références
Lee ACC et coll. : Estimates of burden and consequences of infants born small for gestational age in low and middle income countries with INTERGROWTH-21st standard: analysis of CHERG datasets.
BMJ 2017;358:j3677

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