L’Institut Pasteur a-t-il violé les règles de biosécurité ?

Paris, le mercredi 8 mars 2017 – Le 5 octobre dernier, le quotidien coréen, le Korea Times accusait la branche locale de l’Institut Pasteur d’avoir violé plusieurs règles de biosécurité et affirmait également que la direction générale à Paris avait tenté de dissimuler l’affaire. Les faits remontaient à octobre 2015 : un chercheur coréen a procédé, sans déclaration aux autorités responsables, au transport d’échantillons du virus  MERS-Cov (Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus) à bord d’un avion de ligne. Transmis aux scientifiques français, les virus sont demeurés en leur possession pendant une semaine avant d’être détruits. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANMS) ni aucune autre instance officielle n’avaient été avertis.

Un risque inexistant

Au moment où l’affaire a été révélée par la presse coréenne, le directeur de l’Institut Pasteur Christian Bréchot a tenu à rassurer quant à la dangerosité de l’événement. « Les échantillons transportés avaient subi un traitement d’inactivation et ne présentaient donc pas de risque de contamination et les échantillons ont été transportés en soute et non pas en cabine » avait expliqué le patron de l’Institut. Ce dernier démentait par ailleurs avoir promis de « couvrir cette affaire » aux équipes coréennes concernées.

Des précédents fâcheux

Ces explications ont cependant été considérées comme insuffisantes à l’ANSM qui cet automne a conduit une enquête sur cette affaire et a observé que « L’absence de déclaration n’a pas permis la mise en œuvre de mesures de polices sanitaires immédiates permettant d'évaluer avec certitude, le danger de la situation, ni le déploiement éventuel de mesures de protection des populations » a-t-elle fait remarquer dans un rapport cité aujourd’hui par le Parisien. Depuis l’Institut Pasteur est dans l’œil du cyclone. Le quotidien révèle en effet qu’une enquête préliminaire a été ouverte le 19 décembre dernier. Par ailleurs, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) s’est également penchée sur les dysfonctionnements déplorés au sein de l’institution qui ne se limiteraient pas à l’incident coréen. A d’autres occasions, la structure a tardé à signaler certains événements significatifs aux autorités, telle la perte de 2 349 échantillons de tubes de SRAS en 2014. Aussi, l’IGAS recommande-t-elle à l’Institut de « définir et engager sans délai un plan d'action en vue de garantir la traçabilité de la gestion et le respect de la réglementation sanitaire en matière d'échantillons biologiques ». Affaire à suivre.

Martine Pichet

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