L’intelligence artificielle n’est plus un outil virtuel

Paris, le samedi 15 février 2020 – Les établissements privés à but non lucratif montrent un intérêt particulier pour le développement et l’évaluation de nouveaux outils technologiques qui promettent d’améliorer la sécurité et la qualité des soins. Parallèlement à l’expérience du groupe ELSAN qui dans de nombreux établissements a noué des partenariats prometteurs avec soit des concepteurs d’outils numériques en santé, soit des fabricants de dispositifs médicaux sophistiqués, l’hôpital Foch (établissement de santé privé d’intérêt collectif) connaît une orientation semblable.

Première en France

Ainsi, l’établissement s’est engagé dans un accord de collaboration en janvier 2019 pour enrichir le nouvel outil d’intelligence artificielle destiné à la lecture de scanners de Siemens Healthineers. Ce logiciel baptisé AI-Rad Companion Chest CT a été d’abord développé grâce à un système de « machine learning », en utilisant 2,5 millions d’images, obtenues principalement dans le cadre de partenariats avec des établissements américains. L’année dernière, l’hôpital Foch a participé à un travail de perfectionnement et d’affinement du dispositif. Depuis novembre, le système est utilisé en pratique clinique réelle : une première en France. Le logiciel permet de réaliser en quelques minutes des opérations longues et fastidieuses : il calcule le volume des lobes après avoir segmenté le contour des poumons, repère les nodules pulmonaires, mesure l’emphysème pulmonaire, analyse l’aorte thoracique, évalue les calcifications coronaires et détermine la hauteur des corps vertébraux. L’ensemble de ces données est transmis au praticien et au « bout de 14 à 17 minutes, le radiologue reçoit toutes les informations sur sa station de travail » explique le professeur Philippe Grenier, radiologue thoracique et responsable du projet au sein de l’hôpital Foch, cité par l’Usine Digitale.

Des projets multiples

Quelques 200 examens ont jusqu’à aujourd’hui été réalisés en utilisant le logiciel. Ce dernier est encore réservé à un profil particulier de patients. Il « prend tout son sens pour les scanners thoraciques pour les patients de plus de 40 ans car c’est un outil de détection des anomalies qui n’étaient pas recherchées par le clinicien » détaille Philippe Grenier.

Dans l’avenir, ce système et d’autres du même type pourraient jouer un plus grand rôle. D’abord en intégrant des données supplémentaires permettant de préciser le diagnostic (âge, état de santé du patient, signes cliniques…) puis en étant appliqué à d’autres pathologies. Avant la fin de l’année, des logiciels dédiés à l’analyse des IRM du cerveau ou des examens de la prostate devraient ainsi pouvoir être testés. « Nous avons déjà plus de quarante applications augmentées par l’intelligence artificielle » met en avant Agnès Malgpouyres, responsable chez Siemens Healthineers France, dans les colonnes de la Tribune. A terme, certains considèrent même que l’intelligence artificielle pourrait contribuer à améliorer les performances de la médecine prédictive.

Gain de temps encore un peu artificiel

L’atout est également plus pragmatique en ces temps de vieillissement de la population, de hausse du nombre des examens d’imagerie et de démographie médicale déclinante. Cependant, pour l’heure, à l’hôpital Foch, le gain de temps n’a pas encore pu être mis en évidence, puisque le logiciel fait double emploi, une lecture traditionnelle par un radiologue ayant été conservée. Mais le recours au système est cependant loin d’être inutile. « Lors de la première lecture, les radiologues se concentrent sur la question principale qui a été posée lors de la prescription du scanner. L’Intelligence artificielle nous permet d’avoir une lecture plus complète pour ne pas passer à côté des signes précurseurs » observe le chef de service de radiologie à l’hôpital Foch, le docteur François Mellot.

A suivre...

Aurélie Haroche

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