L’isolement façon CUBE

Paris, le samedi 14 juillet 2018 – L’importante épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a rappelé les difficultés d’acceptation des mesures d’isolement. Au-delà de l’inquiétude que cette séparation peut susciter, ces mesures peuvent renforcer, chez certains, leur suspicion quant à la légitimité des décisions médicales. Outre les problèmes relationnels engendrés par la quarantaine, dans certains pays où le manque de moyens est prégnant, sa mise en œuvre peut être complexe. Fortes de ces constatations, les organisations médicales internationales présentes sur place ont entamé une réflexion sur la façon de simplifier les procédures d’isolement. Ainsi, l’ONG Alima a-t-elle conçu en collaboration avec l’entreprise française Securotec une chambre d’urgence biosécurisée d’un nouveau genre. Le premier atout de cette tente en plastique est d’être entièrement transparente ce qui permet de réduire le sentiment d’étouffement ou d’abandon. En outre, à travers les parois de cette tente, les échanges peuvent continuer entre la famille et le patient ; ce qui est primordial pour la santé de ce dernier et pour l’établissement de la relation de confiance entre les soignants et le malade.

Gain de temps

Une demi-combinaison est par ailleurs intégrée aux parois transparentes, ce qui permet aux médecins et infirmières de pouvoir prendre soin du malade sans avoir systématiquement à revêtir une combinaison sécurisée. Là encore, le gain est important en ce qui concerne la relation avec le patient, mais également en termes de temps pour les soignants. Grâce à ces combinaisons intégrées, le suivi peut être plus actif. « Pour cinq cas, on devait utiliser 200 staffs dans les centres de Guinée en 2014, en RDC il n’en fallait que 30 », récapitule dans le Quotidien du médecin Eric Barte de Saint Fare, concepteur de la structure. Ces CUBEs (unités d’urgence biosécurisée pour épidémies) commencent en effet à être utilisées dans la vie réelle : au Nigeria pour répondre à l’épidémie de la fièvre de Lhassa ou en République Démocratique du Congo où une flambée d’Ebola a été déplorée ce printemps.

Gain d’argent

Offrant un niveau de biosécurité comparable aux laboratoires de niveau 4, ces CUBEs sont assez facilement maniables. Le déploiement se fait en 72 heures maximum, contre une trentaine de jours pour un centre classique. Le prix est également bien plus faible : 15 000 euros (pour un dispositif qui peut être utilisé dix fois au maximum) contre un million pour les chambres d’isolement traditionnelles. Enfin, ces structures, dont l’air est filtré et conditionné, peuvent être modulables : en combinant deux CUBEs on peut disposer d’un espace de 18 mètres carrés, soit une place potentiellement suffisante pour envisager des interventions chirurgicales.

Aurélie Haroche

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